SOS Racisme exprime son soutien à Youssef Badr, magistrat au tribunal judiciaire de Bobigny, visé par des menaces de mort et des attaques racistes à la suite de la condamnation d’Erik Tegnér, fondateur du média d’extrême droite Frontières.
Jeudi, une formation collégiale de trois magistrats a condamné Erik Tegnér à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir divulgué les données personnelles d’avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par Frontières dans un hors-série. Ces avocats y étaient notamment présentés comme des « coupables cachés du chaos migratoire » tirant profit d’un « business juteux ». À la suite de cette publication, plusieurs d’entre eux avaient été la cible de commentaires haineux sur les réseaux sociaux et de menaces.
Depuis cette décision de justice, Youssef Badr est à son tour pris pour cible par des propos racistes et des menaces de mort. Le magistrat a porté plainte samedi. SOS Racisme condamne avec la plus grande fermeté ces attaques ignobles qui visent à la fois un homme, une institution et un fondement de la démocratie : l’indépendance de la justice.
Ces menaces s’inscrivent dans un climat politique délétère, nourri par une extrême droite qui s’emploie méthodiquement à délégitimer l’État de droit, à intimider les contre-pouvoirs et à jeter le soupçon sur l’institution judiciaire dès lors qu’elle contrarie ses intérêts idéologiques.
La condamnation en première instance de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics avait déjà donné lieu à une remise en cause brutale de la justice, présentée comme l’instrument d’un prétendu acharnement politique. Il est temps que les pouvoirs publics rompent avec toute forme de complaisance à l’égard de ces écosystèmes d’extrême droite, qui prospèrent sur la haine, la violence et l’intimidation de celles et ceux qui font vivre l’État de droit.
SOS Racisme réitère son soutien à Youssef Badr, ainsi qu’à l’ensemble des magistrats, avocats et professionnels du droit pris pour cible.