Le programme du RN, ce sont ses électeurs qui en parlent le mieux. Ainsi, le 5 juin dernier dans une discothèque à Rodez, des admirateurs du parti lepéniste ont scandé les propos suivants : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ».
SOS Racisme porte bien évidemment plainte contre les auteurs de ces propos constitutifs d’une provocation à la haine raciste.
Mais cet acte n’est hélas pas un geste isolé. Cet appel au meurtre raciste envers les personnes arabes montre à quel point le discours promu par l’extrême droite s’est banalisé et nourrit un imaginaire de haine, de mise à l’écart et de violence contre celles et ceux qui sont désignés comme des ennemis de l’intérieur.
Depuis des années, les obsessions identitaires et la diffusion de discours racistes dans le débat public contribuent à la libération de la parole raciste dont on sait qu’elle est le prélude à des passages à des actes physiques. C’est ce que rappellent d’ailleurs les violences et meurtres racistes qui ont marqué l’actualité récente.
Sur fond de complaisance médiatique, politique et intellectuelle, le RN construit sa respectabilité depuis des années tout en continuant à nourrir la suspicion permanente envers les étrangers, les musulmans, les immigrés et les Français issus de l’immigration.
Face à la progression de la haine raciste, à la banalisation de l’extrême droite et à la menace qu’elles font peser sur la vie de millions de personnes et sur les conditions du vivre ensemble, les plaintes ne suffisent pas.