Ce mardi 23 juin, à Tunis, Saâdia Mosbah, militante antiraciste en Tunisie, a été condamnée en appel à 8 ans de prison pour des délits financiers imaginaires. Derrière ces motifs de façade, la vraie raison de la persécution judiciaire vécue par Saâdia et plusieurs membres de son association « M’nemty » (« Mon rêve »), c’est le racisme antinoir. Car Saâdia est noire et, avec les militants de l’association qu’elle a cofondée et qu’elle présidait, elle défendait les droits des personnes noires en Tunisie.
Son activisme contribua à l’adoption d’une loi pionnière dans le monde arabe: la loi du 23 octobre 2018 tendant à lutter contre les discriminations.
Mais, à partir de 2023, le pouvoir tunisien incarné par l’autocrate Kaïs Saïed a décidé de reprendre à son compte les délires – que nous connaissons bien en France – relatifs à un prétendu « grand remplacement » des populations arabo-berbères par des populations subsahariennes.
C’est dans ce contexte que Saâdia a été arrêtée et emprisonnée en mai 2024 pour ne plus jamais recouvrer la liberté.
A la veille de l’audience de première instance, SOS Racisme avait initié une tribune collective appelant à ce que Saâdia Mosbah cesse d’être persécutée et puisse à nouveau jouir de la liberté. Elle avait été condamnée aux côtés de plusieurs autres membres de l’association, condamnations confirmées en appel.
SOS Racisme dénonce le racisme antinoir dont Saâdia Mosbah est victime et se tient aux côtés de celles et de ceux qui, en Tunisie, subissent la répression d’un pouvoir qui promeut le racisme et tente par tous les moyens de détruire la société civile et plus généralement les acquis démocratiques de la révolution de 2011.