Ce samedi, le Hamas a perpétré une opération terroriste de grande ampleur ciblant des civils israéliens, qu’il s’agisse de familles assassinées dans leurs maisons ou de jeunes massacrés lors d’un festival de musique. Ces actes sont intolérables, car aucune cause ne peut justifier le meurtre de civils collectivement associés à un ennemi irréductible. Le kidnapping de civils est également inacceptable. Nous avons exprimé notre condamnation de ces actes ce lundi 9 octobre sur la place du Trocadéro à Paris.
SOS Racisme réaffirme son engagement en faveur d’une solution de paix entre Israéliens et Palestiniens fondée sur la notion de « deux peuples, deux États ». Dans ce cadre, Israël serait un État reconnu, jouissant de sécurité, tandis que les Palestiniens, enfin dotés d’un État, pourraient exercer leur souveraineté sur une terre où ils pourraient construire leur avenir en toute liberté.
Le pouvoir exercé par le Hamas sur Gaza d’un côté et le gouvernement israélien dominé par l’extrême droite de l’autre contribuent à éloigner la perspective de cette solution politique, pour un conflit qui dure depuis plusieurs décennies. En réponse à l’attaque terroriste, les bombardements sur la bande de Gaza et le blocus imposé par Israël suscitent une légitime inquiétude, surtout avec les propos du ministre de la Défense israélien, qui a comparé les Palestiniens à des « animaux » et appelé à des mesures de punition collective telles que l’interdiction d’électricité, de nourriture et de gaz.
Cette spirale infernale, où peurs et haines se nourrissent mutuellement, est inacceptable. Poursuivre un objectif de paix ne peut s’accompagner d’une volonté d’éradication physique ou politique d’un des acteurs du conflit. Le Hamas, avec son idéologie islamiste radicale et ses actes de haine, incarne cette volonté destructrice. Mais l’actuel gouvernement israélien, sous la direction de Benyamin Netanyahu, qui rejette depuis plusieurs années la solution à « deux peuples, deux États » et accélère la construction d’implantations en Cisjordanie, contribue également à cette dynamique néfaste.
Nous exprimons notre compassion envers les nombreuses victimes israéliennes et palestiniennes de ce conflit ainsi qu’à leurs proches. Nous soutenons ceux qui, en Israël et en Palestine, œuvrent pour la paix, refusant de vivre dans des sociétés traversées par la haine et conscients de l’inefficacité des solutions militaires, comme le montrent les bombardements répétitifs sur Gaza depuis 2009.
Qu’apporteront des victimes supplémentaires à Gaza ? La fin du terrorisme du Hamas ? Sans doute pas. Une paix durable pour Israël ? Sans doute pas. Cela ne fait que contribuer à une comptabilité macabre.
Nous appelons chacun à agir avec responsabilité dans notre pays en refusant que se propagent ici le racisme et l’antisémitisme que ce conflit pourrait susciter. Souhaiter le meilleur aux Israéliens ou aux Palestiniens ne signifie pas hurler contre l’autre camp et ses représentants symboliques. Souhaiter le meilleur à chacun des deux peuples, c’est soutenir ceux qui, malgré le fracas des armes, cherchent à construire la paix.
Nous faisons nôtre l’appel du secrétaire général des Nations Unies : « Il est temps de briser le cercle vicieux du sang, de la haine et de la polarisation ».