Quand une ministre ment aux Français et mène une vendetta personnelle sur le dos d’une association antiraciste

Dans le cadre de la commission d’enquête sénatoriale sur le fonds Marianne, l’audition du directeur de cabinet de Marlène Schiappa à l’époque des faits a mis à mal la ligne de défense de la ministre, qui s’était dédouanée de tout rôle dans le processus d’attribution des subventions accordées par ce fonds qui aujourd’hui fait scandale.

En effet, il apparaît que Marlène Schiappa est intervenue personnellement contre notre association afin que nous soyons privés d’une subvention que le comité de sélection du fonds Marianne voulait accorder au projet que nous avions déposé et qui visait à lutter contre le racisme dans le sport et à y promouvoir les valeurs républicaines.

Cet « aveu » confirme des informations dont nous disposions mais pour lesquelles nous n’avions aucune preuve. En effet, le CIPDR a contacté SOS Racisme à l’époque des faits afin de confirmer que le comité de sélection avait attribué une subvention de 100.000 euros à notre projet. La confirmation écrite ensuite n’est jamais arrivée. Il nous a été expliqué plus tard que la ministre était intervenue afin de refuser cette subvention pourtant validée par ses propres services. La raison : les réactions du président de notre association à l’endroit des prises de position de Marlène Schiappa (fausse création d’une brigade antidiscrimination en 2019, annonce d’un inexistant plan de lutte contre les discriminations en 2020, ou interview donnée à l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles).

Pour Dominique Sopo, président de l’association, « il n’est pas en soi anormal qu’un ministre ou qu’un cabinet interviennent dans le processus d’attribution des subventions. Mais l’attitude de Marlène Schiappa est problématique à trois titres :

Tout d’abord, Marlène Schiappa, membre du gouvernement, a menti aux Français en prétendant n’avoir eu aucun rôle dans le processus d’attribution des subventions. Au passage, ce mensonge permet à madame Schiappa de ne pas assumer ses responsabilités et de laisser aujourd’hui dans la tourmente des associations et des fonctionnaires, dont son ancien directeur de cabinet pour lequel j’ai de l’estime.

Ensuite, Marlène Schiappa a manifestement eu un choix guidé par une acrimonie personnelle à mon endroit. Cette attitude est indigne de la fonction gouvernementale. En quoi les relations entre deux personnes devraient-elles impacter les politiques publiques et les subventions accordées à des projets associatifs ? Cette attitude dénote un rapport pour le moins abusif au pouvoir.

Enfin, ce refus d’une subvention s’est fait au bénéfice d’associations qui, pour certaines d’entre elles, n’apportaient aucune garantie quant à leur capacité à mener des projets en relation avec l’appel à projets. »

SOS Racisme se tient par ailleurs à la disposition de la commission d’enquête sénatoriale afin d’apporter tout éclaircissement utile à l’avancée de ses travaux.

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