Plainte pour violences à caractère raciste et agression sexuelle contre des membres de la BRAV-M

Le lundi 20 mars, Souleymane, jeune Tchadien de 23 ans, était pris à partie par un membre de la
BRAV-M. Grâce à un enregistrement sonore de la scène, nous pouvons reconstituer la scène qui s’est
déroulée et notamment les coups, allusions sexuelles et menaces (notamment celle de devoir quitter
le territoire français) subies par le jeune homme.

Depuis la divulgation de cet enregistrement, Souleymane a témoigné avoir été sexuellement agressé
par le policier l’ayant pris à partie.


Suite à la plainte pour violences à caractère raciste et agression sexuelle déposée par Souleymane
par le biais de son avocat, SOS Racisme saisit le Parquet afin que l’enquête qu’il a ouverte puisse
permettre de déterminer l’identité de l’auteur principal ainsi que de ses collègues, complices de ne
pas avoir stoppé cette scène, si ce n’est d’y avoir participé au point de procéder à l’interpellation
évidemment injustifiée de Souleymane et de ses compagnons d’infortune. Pour rappel, ces derniers
ont été emmenés en garde à vue après 30 minutes durant lesquelles des personnes chargées de la
« répression de l’action violente » se sont intéressées à un noir jugé trop insolent pendant que des
actes de violence étaient perpétrés en plusieurs endroits de la capitale.


En outre, SOS Racisme demande la dissolution des BRAV-M – lointains successeurs des sinistres
« voltigeurs » qui avaient causé la mort de Malik Oussekine en 1986 – tant ce corps apparaît porté
sur la violence injustifiée et des comportements arbitraires que l’enregistrement sonore de la scène
subie par Souleymane permet de documenter.


En outre, même si cette problématique ne concerne par les seules BRAV-M, SOS Racisme attire une
fois de plus l’attention du ministre de l’Intérieur sur les imaginaires racistes qui gangrènent une
partie du corps policier, bien au-delà de la théorie commode et émolliente de quelques « brebis
galeuses ». Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « le fait que Souleymane soit noir n'est
sans doute pas sans rapport avec le fait qu’il ait été la principale cible ce soir-là des BRAV-M. La
négation de la problématique par l’Etat et, conséquence logique, son refus de la traiter relèvent d’une
logique dysfonctionnelle d’autant plus grave dans une démocratie. Bien que le ministre de l’Intérieur
ait choisi de faire silence sur chacune de nos interpellations, nous le lui répétons : quand on a

l’honneur d’être ministre de la République, on fait progresser la démocratie. On ne détourne pas la
tête lorsqu’elle est bafouée. »

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