Eric Zemmour devant le Bataclan : une insulte aux victimes du 13 novembre 2015

Eric Zemmour s’est rendu samedi soir devant le Bataclan. En octobre 2016, un an après les attentats du 13 novembre 2015, il s’exprimait ainsi en parlant des djihadistes : « Je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient – ce dont nous ne sommes plus capables. » (entretien donné à Causeur)

Qui Eric Zemmour est-il venu honorer devant le Batacan ? Les 90 victimes tombées en ces lieux le 13 novembre 2015 sous les balles des djihadistes ou ces djihadistes respectés car morts « pour ce en quoi ils croient » ?

En réalité, dans le monde d’Eric Zemmour, il est clair que les victimes sont mortes de leur naïveté face aux musulmans (que Zemmour ne distingue en réalité ni des islamistes, ni des djihadistes) et qu’il préconise l’affrontement jusqu’à la mort avec ces derniers, ce qu’il théorisa à mots à peine voilés lors de la « Convention de la droite » en octobre 2019. Bien évidemment, ce racisme délirant est la principale clé de compréhension de la dynamique sondagière de ce personnage d’extrême-droite.

Au bout de la logique « zemmourienne » se profile chaque jour un peu plus une affirmation de la légitimité du crime raciste. Les actes et les propos de ce candidat putatif ne laissent place en réalité à aucun doute sur la nature de l’entreprise :

– le maréchal Pétain ? Il a sauvé des Juifs français en sacrifiant des Juifs étrangers affirme-t-il. Pourquoi une telle affirmation (grossièrement mensongère), si ce n’est pour notamment légitimer l’idée qu’il faut parfois savoir tuer des étrangers pour sauver des Français ?

– les musulmans (et assimilés !) ? Des personnes qui sont mues par une haine mortelle pour la France, une haine vis-à-vis de laquelle il faudra bien se défendre.

– le crime ? Une méthode « respectable » si elle est utilisée par des gens « prêts à mourir pour ce en quoi ils croient ».

SOS Racisme appelle les citoyens à ne faire preuve d’aucune « cécité volontaire » à l’endroit d’Eric Zemmour et rappelle que toutes les mansuétudes ou silences à l’endroit des attaques racistes de ce personnage (et d’autres) tout autant que les attaques contre l’antiracisme participent de la dynamique mortifère incarnée par ce personnage.

Alors que Le Figaro Magazine, passant de l’ultra-conservatisme à un positionnement d’extrême-droite, vient de commettre une Une s’en prenant à l’antiracisme et à la lutte contre les haines anti-LGBT, SOS Racisme rappelle par ailleurs la grande responsabilité de nombreux médias. En effet, sur ces dernières années et singulièrement ces derniers mois, nombre d’entre eux ont offert un espace spectaculaire au discours mortifère de ce personnage tout en marginalisant la parole antiraciste, sauf dans ses formes caricaturales à des fins de buzz malsains ou à des fins de délégitimation de la lutte contre le racisme. Les passages à l’acte desquels nous pourrions nous rapprocher chaque jour ne seront pas sans lien avec cette coupable mansuétude et ces stratégies « au mieux » hasardeuses, au pire complices.

Découvrir nos autres
actualités

Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !

Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs dont SOS Racisme est membre, appel à mobilisation entre le 14 et le 21 mars partout en France Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,

Campagne – Pour une ville antiraciste !

À l’occasion des élections municipales, SOS Racisme se mobilise pour rappeler l’importance de la participation citoyenne et du vote dans la vie démocratique. Les élections municipales constituent un moment fondamental de la vie publique. Elles permettent à chaque citoyenne et

Quand Jean-Luc Mélenchon « ironise » sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein : des propos malaisants et irresponsables

Hier, lors d’un meeting tenu à Lyon dans le cadre d’un soutien à la liste LFI aux élections municipales, Jean-Luc Mélenchon a ironisé sur la prononciation du nom du pédocriminel Jeffrey Epstein. Au milieu de son discours, Jean-Luc Mélenchon a

Le 21 février 1944, 21 des 22 membres du Groupe de FTP-MOI Manouchian-Boczov-Rayman étaient fusillés par les nazis

Ce 21 février, une marche présentée comme un hommage au militant d’extrême droite Quentin Deranque sillonne les rues de Lyon avec l’assentiment de la Préfecture qui a refusé de prononcer son interdiction. Passée par le RN, l’organisatrice de la marche

Nous soutenir