
Ce vendredi, le compte de Donald Trump a relayé une vidéo complotiste qui se termine par une représentation de Barack et Michele Obama, les visages hilares associés à des corps de singes, avec la jungle en arrière-plan.
La Maison Blanche a fini par plaider l »’erreur ». II n’y a évidemment aucune « erreur » puisque la vidéo est restée 12 heures en ligne. Il y a une stratégie consciencieusement poursuivie : celle qui consiste à repousser sans cesse les limites de l’indicible et de l’impensable.
En quelques mois, les rafles contre les immigrés ont créé un climat de terreur, des citoyens américains ont été tués par une police de miliciens, les pouvoirs législatifs ont été partiellement absorbés par l’exécutif tandis que les décisions judiciaires étaient ignorées, le racisme s’est exprimé de plus en plus ouvertement.
La représentation des Obama en singes est évidemment un retour à l’expression d’un racisme pseudo-scientifique que les sociétés démocratiques pensaient avoir largement rejeté dans les poubelles de l’Histoire après la Shoah, l’effondrement du colonialisme européen et la mise à bas de la ségrégation aux Etats-Unis.
Ces théories qui s’épanouirent aux 18ème et 19ème siècles ont contribué à populariser l’idée que les noirs pouvaient être le « chaînon manquant » entre l’Homme et le Singe. En publiant cette photo, Donald Trump contribue a faire accoucher un monde dans lequel le racisme retrouverait une centralité dans l’explication du monde et dans les hiérarchies souhaitées.
Après avoir justifié la violence et les crimes de l’ICE par l’affirmation d’un lien entre l’immigration et la délinquance, Donald Trump essaie de passer à une autre étape. Celle du racisme à l’état brut qui postule l’infériorité du « nègre » sur le blanc, en un retour violent de refoulés racistes au sein de la société américaine.
Pour rappel, Donald Trump a de nombreux fans en France et notamment Jordan Bardella. Invité à réagir sur un plateau de télé à une photo de Trump, Bardella ne trouva ainsi rien d’autre à dire que son fameux: « Mais où trouve-t-il toute cette énergie ? ». La réponse est simple. Donald Trump trouve « toute cette énergie » notamment dans le racisme. Et c’est bien cela qui séduit Bardella et son orchestre du RN.