Agression de Jinnithy à Toulouse : le racisme anti-asiatique ne se combat pas dans le silence

Le 8 mai, alors qu’elle se promenait dans les rues de Toulouse, l’influenceuse sudcoréenne Jinnithy a été violemment agressée. « Oh la Chinoise, tu filmes quoi ? Filme pas je t’ai dit, sale p*te. Casse-toi de là », lui lance un homme avant de frapper son téléphone. Cette agression est une illustration du racisme dont sont victimes les personnes d’origine asiatique en France. Entre clichés hérités du passé colonial et violences banalisées, le racisme anti-asiatique est un phénomène ancien, mais encore trop souvent invisibilisé et rarement dénoncé. Il s’inscrit dans une histoire de migrations marquée par des stéréotypes ambivalents : d’un côté, le « racisme bienveillant » ou le mythe de la « minorité modèle », qui dépeint les personnes asiatiques comme travailleuses et discrètes ; de l’autre, des propos péjoratifs, des blagues racistes et des insultes rarement perçues comme graves.

En France, l’effet de ces stéréotypes a pris un tournant tragique avec le meurtre de Zhang Chaolin à Aubervilliers en août 2016. Ce simple ouvrier a été agressé parce que ses assaillants croyaient qu’en tant que Chinois, il était préteur d’argent liquide et qu’il n’irait pas se plaindre à la police. Lors de la pandémie du Covid-19 partie de Chine, on a observé une recrudescence inquiétante des agressions visant les personnes asiatiques, une multiplication de campagnes de boycott de commerces asiatiques et une explosion des discours haineux en ligne.

Par ailleurs, la diffusion de la vidéo de l’agression de Jinnithy sur TikTok a déclenché une vague de commentaires racistes visant l’agresseur. De nombreux sympathisants d’extrême-droite ont instrumentalisé son origine supposée maghrébine pour justifier une traque, des insultes et des menaces. À rebours de cette attitude raciste, rappelons que l’antiracisme consiste à combattre la haine, non à ajouter de la haine à la haine.

De Zhang Chaolin à Aubervilliers en 2016 aux agressions quotidiennes dans la rue ou les transports, les personnes asiatiques en France font face à une réalité faite de mépris, de violences et de racisme ordinaire. L’agression de Jinnithy a été largement relayée grâce à la notoriété de la streameuse, suivie par plus d’un million de personnes. Mais nombre d’actes similaires passent sous silence. Nous appelons la justice à retenir la circonstance aggravante de racisme et à agir de telle sorte à ce que l’agresseur soit identifié et réponde de ses actes devant un tribunal. Nous exprimons notre soutien à Jinnithy et nous nous tenons à ses côtés pour toutes démarches qu’elle souhaiterait entreprendre. Notre service juridique a déposé plainte ce 14 mai pour injure à caractère raciste.

Découvrir nos autres
actualités

Émeutes racistes à Belfast : l’extrême droite montre son vrai visage

À la suite d’une agression au couteau survenue à Belfast, des groupes d’extrême droite ont transformé ce fait divers en une campagne de haine raciste. Dans la capitale de l’Irlande du Nord, des logements ont été attaqués, des véhicules incendiés

Rachel KEKE visée par des propos racistes : SOS Racisme sera présent à l’audience du 4 juin 2026 face à Bruno ATTAL

Le 4 juin 2026 à 13h30, la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris examinera l’affaire opposant Rachel KEKE à Bruno ATTAL, poursuivi pour injure publique à raison de l’origine. SOS Racisme a décidé d’intervenir volontairement dans cette procédure

Il faudrait “remettre l’esclavage à la mode” : SOS Racisme dépose plainte après des propos faisant l’apologie de l’esclavage sur TikTok

SOS Racisme dépose plainte pour apologie de la réduction en esclavage à la suite de propos diffusés le 21 mai dernier sur la plateforme TikTok par une utilisatrice qui a notamment déclaré qu’il faudrait « remettre l’esclavage à la mode

Propos racistes contre les Gazaouis sur C News : suite à la plainte de SOS Racisme, le parquet demande que l’auteur des propos soit condamné à 4 mois de prison avec sursis.

L’audience correctionnelle visant Aurélien Barnouin, dit « Bernheim », s’est tenue hier, le 26 mai 2026, devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, en présence de SOS Racisme, partie civile dans cette affaire. Le prévenu était poursuivi pour

Nous soutenir