Paris, le 21 juillet 2022
Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs personnes se sont vu refuser l’accès au Manko de Paris par un vigile alléguant de la tenue de l’une d’entre elles. Celles-ci ont divulgué l’affaire sur les réseaux sociaux en liant le refus d’entrée à leur couleur de peau.
Depuis, des témoignages évoquent des cas de discrimination à l’entrée du Manko, tandis que le vigile mis en cause, après avoir été privé de son emploi par la direction de l’établissement, évoque, sans plus de précision mais en semblant exclure un comportement discriminatoire fondé sur la couleur de peau des personnes « recalées », avoir suivi les consignes de la direction.
En parallèle, des menaces et des insultes ont été proférées à l’endroit de l’établissement et de sa figure emblématique, Tony Gomez, qui, en soutien aux dynamiques antiracistes, a par ailleurs accueilli à plusieurs reprises SOS Racisme dans ses établissements et participé à plusieurs des diners des marraines et des parrains de l’association.
Cette histoire appelle quelques rappels :
1/ La justice ne se fait pas sur les réseaux sociaux, via des menaces et des insultes qui obscurcissent la réalité des faits et décrédibilisent la lutte contre les discriminations. La justice se fait à l’issue d’une enquête rigoureuse permettant d’établir la réalité des faits.
2/ Cela est d’autant plus nécessaire dans cette histoire dans laquelle des versions floues et des appréciations contradictoires circulent selon que l’on écoute la direction, le vigile ou les personnes auxquelles l’accès a été refusé.
3/ Cela est rendu un peu plus nécessaire par le fait que certains internautes ont assumé diffuser des messages volontairement mensongers sur le Manko, jetant le doute sur l’ensemble des témoignages qu’il devient donc d’autant plus important de « trier » afin de déterminer ceux qui relèvent d’une démarche sérieuse.
C’est pourquoi nous demandons au Parquet de Paris d’établir ce qui s’est passé cette nuit-là avec les personnes éconduites, sur la base des enregistrements exhaustifs de la scène entre celles-ci et le vigile ainsi que sur celle des auditions de ces mêmes acteurs. S’il y a eu discrimination raciale, les responsabilités doivent être établies et les sanctions prononcées.
Au-delà, SOS Racisme poursuit sans pause son travail de vigilance et de lutte contre les discriminations raciales, notamment via des testings (à l’emploi, aux logements, aux loisirs…) pour la réalisation desquels nous appelons celles et ceux attachées à l’égalité à nous rejoindre.