Ratonnades suite au match France-Maroc, local de SOS Racisme ciblé par l’extrême-droite : l’exécutif doit prendre ses responsabilités et lutter contre l’activisme d’extrême-droite !

Paris, le 15/12/2022

Hier soir, la demi-finale de la coupe du monde 2022 opposait la France au Maroc.

Le parcours de l’équipe du Maroc, sans précédent pour une équipe africaine, a suscité ces derniers jours des réactions enthousiastes spontanées, en France et dans le monde entier. Si celles-ci ont été émaillées, comme tout rassemblement massif dans l’espace public, de rares tensions, les rassemblements à Paris comme ailleurs se sont pour leur écrasante majorité déroulés dans une ambiance de joie partagée.

Toutefois, hier soir, plusieurs villes françaises ont été le théâtre de démonstrations de force, allant jusqu’à de véritables « ratonnades », perpétrées par des groupuscules identitaires qui se caractérisent par leur racisme, leur violence et leur penchant fascisant. Ainsi, quelques dizaines de miliciens – armés de barres de fer, de matraques, de gazeuses, etc. – ont été aperçus, paradant à Lyon, Nice, Montpellier ou encore à Paris, attaquant parfois les rassemblements spontanés de supporters, et cherchant à « en découdre » avec les supporters de l’équipe du Maroc.

Depuis plusieurs jours, et notamment depuis les explosions de joie ayant suivi les qualifications du Maroc et de la France de samedi dernier, des figures de l’extrême-droite frontiste et zemmouriste, des « journalistes » ou « éditorialistes » de médias acquis à ce camp politique raciste ainsi que la « fachosphère », se sont évertués à exciter la peur et la haine raciste à l’endroit des personnes marocaines, franco-marocaines, ou de toute autre personne perçue comme originaire de pays du Maghreb. Si le racisme à l’endroit des personnes originaires du Maghreb régulièrement déployé par cette famille politique ne nous étonne guère, l’ampleur des incitations à la haine, voire des provocations à s’en prendre à toute personne perçue comme supporter des équipes nationales de pays du Maghreb doit nous alerter.

SOS Racisme se félicite de l’action des forces de l’ordre qui, à Paris, ont interpellé 47 personnes, dont 15 fichées S, qui – armées de matraques et de poings américains – s’apprêtaient à s’en prendre à des supporters du Maroc réunis sur l’avenue des Champs-Elysées. Parmi ces interpellés, figure l’un des individus ayant agressé les militants de SOS Racisme au meeting d’Eric Zemmour tenu à Villepinte le 5 décembre 2021. A Lyon, 8 personnes – membres des habituels groupuscules d’extrême-droite ayant pour bases arrières la « Traboule » et l’ « Agogée » – ont également été interpellées. SOS Racisme appelle les pouvoir publics à faire preuve de la plus grande fermeté à l’endroit de ces activistes d’extrême-droite violents et racistes qu’il est aujourd’hui urgent de surveiller, d’appréhender et de traduire en justice pour nombre d’entre eux !

Dans la nuit de mardi à mercredi, des inscriptions racistes ont été taguées sur les locaux du comité local de SOS Racisme Gironde à Bordeaux ainsi que sur le local du « Boulevard des Potes » à Bordeaux. « Action directe identitaire », « plus d’OQTF », « la France aux Français », pouvait-on lire sur les murs. Quelques mois après les véritables ratonnades qui se sont déroulé dans le quartier Saint-Michel de cette ville et seulement quelques jours après l’attaque violente du meeting du député Carlos Martins Bilongo par un groupuscule bordelais d’extrême-droite, le climat actuel est alarmant ! Les militantes et militants de SOS Racisme ont l’habitude des intimidations et autres menaces. Cependant, ces actes de dégradation de lieux militants constituent un pas supplémentaire franchi par les milices d’extrême-droite désormais animées d’un total sentiment d’impunité.

Parce que ce retour des milices fascistes violentes et de leurs « ratonnades » ne sont pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu, il est de même – avant que le pire n’advienne – urgent que nombre de responsables politiques de l’arc républicain cessent de reprendre, par électoralisme, par adhésion idéologique ou par paresse intellectuelle, les obsessions et les mots de l’extrême-droite.

Il est plus que temps de mettre un terme à la course absurde derrière l’électorat d’extrême-droite, en n’ayant prétendument « pas peur des mots », des « tabous », ou en agitant la peur de l’immigration.

SOS Racisme appelle l’ensemble des forces politiques républicaines de notre pays à un sursaut face au danger imminent que constitue l’extrême-droite, qu’elle soit activiste, électoraliste ou éditorialiste.

Dans le contexte de la montée orchestrée des violences envers les individus, les associations et les institutions observée ces derniers mois et en connaissance des alertes d’Interpol sur le danger que représente le terrorisme d’extrême-droite, SOS Racisme demande à l’exécutif de prendre ses responsabilités et de décliner les mesures qu’il entend prendre face à un activisme d’extrême-droite dont nul ne peut désormais ignorer qu’il nous place au bord de drames imminents, qu’il s’agisse d’actions contre les institutions ou contre des personnes ciblées de par la nature de leur activité militante ou leur origine réelle ou supposée.

L’association continuera de lutter fermement contre les ennemis de l’égalité que sont l’extrême-droite et ses complices, contre toute forme de racisme, d’antisémitisme et contre les discriminations raciales que l’extrême-droitisation du débat public chercherait à rendre banals. Et elle continuera, comme elle l’a toujours fait, à promouvoir la tolérance, le vivre-ensemble et le partage, valeurs magnifiquement portées par l’écrasante majorité des supporters hier soir fraternellement rassemblés.

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