Trois vidéos racistes impliquant des étudiants de GEM mettent en lumière des enjeux de fond.

Depuis le lundi 9 décembre, trois vidéos à caractère ouvertement raciste circulent sur les réseaux sociaux, impliquant plusieurs étudiants de Grenoble École de Management (GEM). Ces trois vidéos montrent – à tour de rôle – un étudiant au visage grimé de peinture noire et reconnaissant avoir fait « un blackface », plusieurs étudiants déguisés caricaturant une prière musulmane et un étudiant mangeant du porc avec l’Adhan (l’appel à la prière) en fond.

Si le procureur de la République de Grenoble a, dès le mardi soir, classé cette affaire en déclarant que les images ne permettent pas de « caractériser une quelconque infraction pénale », un conseil de discipline au sein de l’établissement doit se réunir prochainement pour envisager des sanctions à l’encontre d’une dizaine d’étudiants impliqués.

Au-delà des actes eux-mêmes, il convient d’interroger les imaginaires et dynamiques qui les rendent possibles. Par exemple, le blackface s’inscrit dans une longue histoire marquée par l’assujettissement et la déshumanisation des populations noires. Héritage d’une époque où les spectacles de minstrel shows réduisaient ces populations à des caricatures grotesques, il perpétue aujourd’hui des formes de violence symbolique qui réactivent des schémas d’oppression profondément enracinés.

Plus largement, les comportements dénigrants visant la communauté musulmane traduisent une banalisation inquiétante des discours racistes dans les sphères médiatique, politique et culturelle aujourd’hui.

SOS Racisme condamne avec la plus grande fermeté ces actes et s’inquiète de leur récurrence au sein des espaces académiques supposés incarner des lieux d’émancipation et de transmission des valeurs républicaines. Mais, au-delà des condamnations, il est impératif qu’un travail de fond soit réalisé au sein des établissements de l’enseignement supérieur. Si des mesures disciplinaires sont indispensables, elles ne sauraient constituer une réponse suffisante face à cette problématique.

Nous exhortons donc les établissements à s’engager dans une réflexion approfondie et durable sur ces enjeux et d’envisager la mise en œuvre de programmes de sensibilisation intégrés au cursus pédagogique des étudiants et étudiantes. Cette réflexion est d’autant plus nécessaire au sein des écoles de commerce et de management que les étudiants qui fréquentent ces lieux sont amenés, demain, à exercer des fonctions d’encadrement qui ne pourraient être remplies à partir d’imaginaires folkloriques, dénigrants ou racistes, jamais interrogés, travaillés ou remis en cause.

Découvrir nos autres
actualités

Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !

Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs dont SOS Racisme est membre, appel à mobilisation entre le 14 et le 21 mars partout en France Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,

Campagne – Pour une ville antiraciste !

À l’occasion des élections municipales, SOS Racisme se mobilise pour rappeler l’importance de la participation citoyenne et du vote dans la vie démocratique. Les élections municipales constituent un moment fondamental de la vie publique. Elles permettent à chaque citoyenne et

Quand Jean-Luc Mélenchon « ironise » sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein : des propos malaisants et irresponsables

Hier, lors d’un meeting tenu à Lyon dans le cadre d’un soutien à la liste LFI aux élections municipales, Jean-Luc Mélenchon a ironisé sur la prononciation du nom du pédocriminel Jeffrey Epstein. Au milieu de son discours, Jean-Luc Mélenchon a

Le 21 février 1944, 21 des 22 membres du Groupe de FTP-MOI Manouchian-Boczov-Rayman étaient fusillés par les nazis

Ce 21 février, une marche présentée comme un hommage au militant d’extrême droite Quentin Deranque sillonne les rues de Lyon avec l’assentiment de la Préfecture qui a refusé de prononcer son interdiction. Passée par le RN, l’organisatrice de la marche

Nous soutenir