SOS Racisme a appris avec une immense émotion le décès de Joris Laurencin, 21 ans, dont le corps a été découvert le 13 juillet dernier à Châtonnay (Nord-Isère), près de son domicile.
Selon les éléments rendus publics par sa famille, Joris subissait depuis plusieurs années des insultes et humiliations racistes répétées. Il était notamment traité de « sale Arabe ». Quelques jours avant son décès, lors de la vogue de Saint-Jean-de-Bournay, le 30 juin, il aurait de nouveau été pris à partie en raison de ses origines. Dans une lettre laissée à ses proches, il évoquerait la souffrance provoquée par ce harcèlement. Sa famille a déposé plainte et lancé un appel à témoins afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame.
SOS Racisme adresse à la famille de Joris, à ses proches et à toutes celles et ceux qui l’aimaient son soutien le plus sincère. L’association se tient à leur entière disposition pour leur apporter toute l’aide juridique, humaine et militante dont ils pourraient avoir besoin dans cette épreuve.
SOS Racisme appelle également toutes les personnes qui ont été témoins des faits dénoncés, notamment lors de la vogue de Saint-Jean-de-Bournay, à ne pas garder le silence. Toute information peut être déterminante pour l’enquête. Face au harcèlement raciste, le silence protège les auteurs.
L’association souhaite que l’enquête permette d’établir toute la vérité sur les faits dénoncés par la famille de Joris et que, si ces faits sont confirmés, toutes les responsabilités soient pleinement recherchées.
Mais ce drame n’est pas un simple fait divers.
Depuis de nombreux mois, SOS Racisme alerte sur la recrudescence des injures racistes et du harcèlement visant des personnes en raison de leur origine réelle ou supposée. Les permanences juridiques assurées par l’association, comme les affaires rendues publiques ces derniers mois, montrent que des paroles qui suscitaient hier encore une condamnation unanime sont aujourd’hui de plus en plus assumées, répétées et revendiquées.
Cette libération de la parole raciste n’est pas spontanée. Elle est le produit de sa banalisation dans le débat public. À force de voir des responsables politiques reprendre les obsessions de l’extrême droite et des médias transformer le racisme en sujet de polémique permanentes, certains se sentent désormais autorisés à insulter, à harceler et à agresser.
De l’extrême droite ou d’ailleurs, les entrepreneurs de haine ne peuvent prétendre n’avoir aucune responsabilité dans le climat qu’ils contribuent à installer.
Nous ne comptons pas sur leur sens de la responsabilité pour le reconnaître ou pour cesser leurs actions mortifères. Il nous faut donc les combattre.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme :
« Il appartient plus que jamais aux pouvoirs publics de répondre à la haine raciste par une parole politique claire, des moyens à la hauteur et une lutte déterminée contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations qui défigurent notre société et sa promesse Républicaine. »
Pour Ludovic Herbepin, président de SOS Racisme Nord-Isère :
« Quand le racisme gagne du terrain, le silence n’est jamais une réponse. En Nord-Isère comme ailleurs, nous avons besoin de paroles courageuses. Toute la vérité doit être faite sur la mort de Joris. »