Discriminations dans les établissements de loisirs : SOS Racisme dépose huit plaintes pénales après sa campagne nationale de testings

Quelques jours après avoir rendu publics les résultats de sa campagne nationale de testings consacrée aux discriminations dans l’accès aux plages privées et aux établissements de nuit, SOS Racisme – Touche pas à mon pote annonce avoir déposé huit plaintes pénales auprès des procureurs de la République territorialement compétents.

Ces plaintes concernent des faits de discrimination fondée sur l’origine réelle ou supposée et/ou la couleur de peau, prévus et réprimés par les articles 225-1 et suivants du Code pénal.

Elles ont été adressées :

  • Au procureur de la République de Nice (5 plaintes) ;
  • Au procureur de la République de Montpellier (2 plaintes) ;
  • Au procureur de la République de Marseille (1 plainte).

Chaque procédure comprend la plainte de SOS Racisme, les plaintes individuelles des victimes, leurs autorisations de constitution de partie civile ainsi qu’un dossier probatoire particulièrement complet comprenant notamment les vidéos des opérations de testing, les attestations des victimes, des témoins et des observateurs, les photographies des groupes, ainsi que l’ensemble des éléments matériels recueillis au cours des opérations.

Des discriminations objectivées

Les plaintes concernent plusieurs formes de discrimination constatées lors des opérations de testing organisées les 24, 25 et 26 juillet 2026 :

  • À la Grande-Motte, un groupe perçu comme arabe s’est vu refuser des transats situés en première ligne au motif qu’ils n’étaient plus disponibles. Quelques minutes plus tard, ces mêmes transats étaient proposés à un groupe perçu comme blanc ;
  • À Montpellier, dans un établissement de nuit, un groupe perçu comme noir s’est vu refuser l’entrée au motif que l’établissement était complet. Quelques minutes plus tard, des groupes perçus comme arabe puis blanc ont pourtant été admis dans les mêmes conditions  ;
  • À Marseille, deux groupes perçus comme noir et arabe se sont vu refuser l’accès à un établissement de nuit, tandis que le groupe de contrôle, perçu comme blanc, était admis quelques instants plus tard ;
  • À Antibes, plusieurs discriminations ont également été constatées dans des plages privées : refus d’accès à des transats, placement défavorable ou conditions d’accès différentes selon l’origine perçue des clients ; 
  • Enfin, à Nice, les opérations ont mis en évidence un système de tarification différenciée dans un établissement de nuit : un groupe perçu comme noir s’est vu annoncer qu’il devait réserver une table à 200 euros pour entrer, tandis que le groupe perçu comme blanc a été admis en s’acquittant uniquement du droit d’entrée habituellement pratiqué.

Ces dossiers reposent sur un faisceau d’indices particulièrement solide, constitué grâce à une méthodologie de testing reconnue par la jurisprudence et expressément consacrée par l’article 225-3-1 du Code pénal.

Une réponse pénale encore insuffisante

Ces plaintes interviennent dans un contexte où les discriminations demeurent très insuffisamment sanctionnées.

Dans son rapport 2025 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) rappelle qu’il n’y a eu que huit condamnations pour discrimination en 2024, après aucune en 2020six en 2021, moins de cinq en 2022 et cinq en 2023.

SOS Racisme constate également que plusieurs plaintes fondées sur des opérations de testing pourtant étayées par des vidéos, des témoignages concordants et d’autres éléments matériels ont, ces dernières années, fait l’objet de classements sans suite.

L’association attend désormais que les enquêtes permettent d’établir les responsabilités pénales et que les faits dénoncés donnent lieu à une réponse judiciaire à la hauteur de leur gravité.

Les discriminations ne peuvent rester impunies

L’accès à un restaurant, une plage privée ou un établissement de nuit ne peut dépendre de la couleur de peau ou de l’origine réelle ou supposée des personnes.

En décidant de déposer plainte dans chacun des dossiers où une discrimination a été objectivée, SOS Racisme entend rappeler que ces pratiques ne constituent pas de simples incivilités mais des infractions pénales portant directement atteinte au principe d’égalité.

L’association se constituera partie civile dans chacune des procédures et suivra avec la plus grande attention les suites qui leur seront réservées.

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