Quand des policiers tabassent un « sale nègre », la Préfecture de police de Paris tergiverse

Les images sont édifiantes. Samedi, Michel, un producteur de musique, a été violemment agressé par des policiers alors qu’il entrait dans son studio dans le 17ème arrondissement de Paris. Son calvaire a duré plusieurs minutes. De longues minutes de coups et d’insultes racistes (« Sale nègre »). SOS Racisme est aux côtés de cette victime du racisme qu’elle assure de tout son soutien et se portera partie civile à l’occasion de la procédure qui vient d’être ouverte par le Parquet de Paris.

Si la scène n’avait pas été filmée, Michel serait en prison. En effet, les policiers ont justifié leur agression en prétendant notamment que Michel avait essayé de voler leurs armes, ce que les images démentent. La mobilisation contre l’article 24 de la loi Sécurité Globale – dont l’effet et sans doute le but sont de restreindre l’accès à de telles images – est d’autant plus urgente et essentielle.

Ce déchaînement avéré de violences de la part d’agents de police n’a pas immédiatement conduit la Préfecture de police de Paris à suspendre ces trois agresseurs. En vertu de quelle logique ces policiers ont-ils été maintenus en poste alors qu’ils constituaient un danger manifeste, à tout le moins pour les personnes qu’ils identifieraient comme des « nègres »? La Préfecture estimerait-elle que taper « un sale nègre » n’est pas suffisant pour être suspendu? Faut-il donc que le scandale devienne public pour que la Préfecture estime devoir réagir ? Combien d’affaires de ce type, qui n’ont pas trouvé le chemin de la médiatisation, ont pu être minimisées ou étouffées par la Préfecture de Police de Paris ou des hiérarchies policières ailleurs en France ? SOS Racisme demande d’ailleurs que la procédure du Parquet puisse se pencher sur les fautes qui auraient pu être commises par la Préfecture du fait de la lenteur avec laquelle elle a prononcé des suspensions et éventuellement sciemment laissé des personnels violents au contact du public.

Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « cette affaire montre l’ampleur des problèmes de racisme et de violences au sein de la police et leurs inévitables alliés : le silence complice et le déni de trop de syndicats policiers, de la hiérarchie policière, du ministère de l’Intérieur et plus généralement des pouvoirs publics. Il est vraiment urgent que des gouvernants dignes de leur fonction prennent ces problèmes à bras-le-corps. Il ne sert à rien d’avoir le mot « République » aux lèvres toutes les 4 secondes pour devenir silencieux lorsqu’elle est bafouée. »

Découvrir nos autres
actualités

Un testing de SOS Racisme révèle la persistance des discriminations dans les plages privées et les établissements de nuit

Ce mardi 28 juillet, SOS Racisme rend publics les résultats d’une vaste opération de testing consacrée aux discriminations raciales dans l’accès aux loisirs. Menée dans des plages privées et des établissements de nuit situés à Montpellier, Palavas-les-Flots, La Grande-Motte, Marseille,

Face aux violences, SOS Racisme apporte son soutien à Barbara Butch

SOS Racisme apporte son soutien plein et entier à Barbara Butch après l’interruption de son concert hier soir au Cabaret Frappé, à Grenoble. Des jets de bouteilles et de projectiles en direction de la scène ainsi que des actes de

En Nord-Isère comme ailleurs : le racisme tue. Toute la vérité doit être faite sur la mort de Joris.

SOS Racisme a appris avec une immense émotion le décès de Joris Laurencin, 21 ans, dont le corps a été découvert le 13 juillet dernier à Châtonnay (Nord-Isère), près de son domicile. Selon les éléments rendus publics par sa famille,

« Chimpanzés », « noix de coco », « équipe africaine », « pas français » : face aux propos racistes contre Mbappé et les bleus, SOS Racisme porte plainte et interpelle la FIFA

Ce week-end, l’ancien premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a tenu des propos racistes à l’endroit de l’équipe de France dans laquelle il estime qu’« il n’y a pas de Français ». Pedro Sanchez, l’actuel premier ministre espagnol, a répondu avec

Nous soutenir