Propos d’Elisabeth Borne renvoyant dos-à-dos extrême-droite et extrême-gauche : la démission du maire de Saint-Brévin doit être l’occasion de regarder le danger de l’extrême-droite en face et non de banaliser cette famille politique.

Révélée hier, la décision du maire de Saint-Brévin de démissionner de ses fonctions et de quitter la ville qu’il administrait doit sonner comme un avertissement dans notre République.

En effet, cette décision est la conséquence d’une campagne de haine menée par l’extrême-droite du fait du soutien apporté par ce maire à l’installation d’un CADA sur le territoire de sa commune. Insultes, menaces, manifestations haineuses – initialement soutenues par des membres du RN – et même incendie de la maison du maire se sont en effet succédé à l’endroit de Yannick Morez.

Dans ce contexte qui montre une fois de plus les méfaits d’une extrême-droite en pleine offensive d’imoosition d’une hégémonie de la pensée raciste, les décalarations de ce matin d’Elisabeth Borne renvoyant dos-à-dos l’extrême-gauche et l’extrême-droite sont particulièrement choquantes. Cette équivalence – fausse aussi bien sur le plan des pratiques que sur celui de l’idéologie – contribue à l’évidence à banaliser l’extrême-droite.

A rebours de cette posture peu responsable, la démission du maire de Saint-Brévin pose quelque questions lourdes à l’Etat : pourquoi l’Etat n’était pas en soutien effectif à ce maire alors que les menaces s’accumulaient contre lui ? Pourquoi, par exemple, le ministre de l‘Intérieur, ne s’est pas déplacé à la suite de l’incendie criminel du domicile du maire ? Pourquoi, plus généralement, l’Etat semble avoir fait silence devant les violences et intimidations visant cet élu ?

Alors que Marine Le Pen, en toute hypocrisie, a continué à peaufiner sa respectabilité en condamnant les violences à l’endroit de ce maire (pendant que son parti développe un discours raciste et complotiste qui contribue à ces dernières), toute parole – consciente ou non – de banalisation de l’extrême-droite est une faute et une mise en danger de la République.

Découvrir nos autres
actualités

Face aux violences, SOS Racisme apporte son soutien à Barbara Butch

SOS Racisme apporte son soutien plein et entier à Barbara Butch après l’interruption de son concert hier soir au Cabaret Frappé, à Grenoble. Des jets de bouteilles et de projectiles en direction de la scène ainsi que des actes de

En Nord-Isère comme ailleurs : le racisme tue. Toute la vérité doit être faite sur la mort de Joris.

SOS Racisme a appris avec une immense émotion le décès de Joris Laurencin, 21 ans, dont le corps a été découvert le 13 juillet dernier à Châtonnay (Nord-Isère), près de son domicile. Selon les éléments rendus publics par sa famille,

« Chimpanzés », « noix de coco », « équipe africaine », « pas français » : face aux propos racistes contre Mbappé et les bleus, SOS Racisme porte plainte et interpelle la FIFA

Ce week-end, l’ancien premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a tenu des propos racistes à l’endroit de l’équipe de France dans laquelle il estime qu’« il n’y a pas de Français ». Pedro Sanchez, l’actuel premier ministre espagnol, a répondu avec

Tribune – Lolita n’existe pas, Hamza non plus

Par Dominique Sopo, président de SOS Racisme, publiée dans le Nouvel Obs le 13 juillet 2026. Dans le célèbre roman de Nabokov, Humbert Humbert se livre à une longue confession sur son amour pour Dolorès Haze, une jeune adolescente surnommée

Nous soutenir