Révélée hier, la décision du maire de Saint-Brévin de démissionner de ses fonctions et de quitter la ville qu’il administrait doit sonner comme un avertissement dans notre République.
En effet, cette décision est la conséquence d’une campagne de haine menée par l’extrême-droite du fait du soutien apporté par ce maire à l’installation d’un CADA sur le territoire de sa commune. Insultes, menaces, manifestations haineuses – initialement soutenues par des membres du RN – et même incendie de la maison du maire se sont en effet succédé à l’endroit de Yannick Morez.
Dans ce contexte qui montre une fois de plus les méfaits d’une extrême-droite en pleine offensive d’imoosition d’une hégémonie de la pensée raciste, les décalarations de ce matin d’Elisabeth Borne renvoyant dos-à-dos l’extrême-gauche et l’extrême-droite sont particulièrement choquantes. Cette équivalence – fausse aussi bien sur le plan des pratiques que sur celui de l’idéologie – contribue à l’évidence à banaliser l’extrême-droite.
A rebours de cette posture peu responsable, la démission du maire de Saint-Brévin pose quelque questions lourdes à l’Etat : pourquoi l’Etat n’était pas en soutien effectif à ce maire alors que les menaces s’accumulaient contre lui ? Pourquoi, par exemple, le ministre de l‘Intérieur, ne s’est pas déplacé à la suite de l’incendie criminel du domicile du maire ? Pourquoi, plus généralement, l’Etat semble avoir fait silence devant les violences et intimidations visant cet élu ?
Alors que Marine Le Pen, en toute hypocrisie, a continué à peaufiner sa respectabilité en condamnant les violences à l’endroit de ce maire (pendant que son parti développe un discours raciste et complotiste qui contribue à ces dernières), toute parole – consciente ou non – de banalisation de l’extrême-droite est une faute et une mise en danger de la République.