Ce matin à Nanterre, à proximité de la place Nelson Mandela, Naël, un jeune originaire de Nanterre, a été abattu au volant du véhicule dans lequel il se trouvait, à la suite d’un refus d’obtempérer. Cette issue tragique est le fruit du tir d’un membre de la police nationale relevant de la DOPC (Préfecture de police de Paris).
La mort d’un garçon de 17 ans est toujours un drame. En ce moment, nos premières pensées vont à la famille de la victime.
Au-delà, SOS Racisme demande aux autorités de faire toute la lumière sur ce drame. En effet, les vidéos semblent clairement attester que le refus d’obtempérer ne pouvait en aucun cas justifier le tir mortel puisqu’à aucun moment les membres des forces de l’ordre n’ont été mis en danger.
C’est pourquoi, face à cette évidence et malgré l’ouverture annoncée d’une enquête et de la saisine de l’IGPN, nous regrettons l’absence de prise de parole du procureur de la République et les prises de parole timorées du ministre de l’Intérieur, se réfugiant trop aisément derrière la présomption d’innoncence due aux policiers alors qu’il détient un pouvoir administratif de suspension du policier incriminé.
Au-delà, ce cas tragique semble illustrer une nouvelle fois l’augmentation des cas d’homicide liés à la loi de 2017 qui avait envoyé le signal d’une plus grande latitude offerte aux membres des forces de l’ordre dans l’invocation de la légitime défense.
En outre, sans que le drame de Nanterre ne puisse être formellement rattaché à une dimension ethnique, force est de constater que les populations fréquemment victimes de ces tirs mortels sont d’origine maghrébine ou subsaharienne.
C’est pourquoi, au-delà du traitement judiciaire de cette affaire, nous appelons les pouvoirs publics à ouvrir une réflexion sur les raisons qui rendent possibles de tels drames. La politique de l’autruche qui prévaut depuis trop longtemps en matière de philosophie du maintien de l’ordre n’est pas acceptable au regard de l’égale dignité due à chaque citoyen. Elle est en outre source de dégradation des relations police/population et facteur de tensions inévitables.
Dans ce contexte d’émotions légitimes, SOS Racisme appelle chacune et chacun à se mobiliser dans le calme et à œuvrer dans le sens d’une réponse digne, en mémoire de la jeune victime.