Le 7 juillet 2024, Rachel Keke était battue aux élections législatives. Cinq jours plus tard, Bruno Attal, ancien policier et activiste d’extrême droite, rédigeait un tweet infame.
En effet, il publiait une photo présentant le visage de Rachel Keke à côté de DSK et l’accompagnait du message suivant : « Apparemment Rachel Keke a trouvé un nouveau travail au Sofitel. Elle souhaite remercier personnellement @dstrausskahn quand elle lui fera sa chambre ».
Aujourd’hui, le Tribunal judiciaire a reconnu Bruno Attal coupable d’injure raciste envers Rachel Keke et l’a condamné à une amende de 2000 euros. Bruno Attal et également condamné à verser des dommages et intérêts à Rachel Keke ainsi qu’à SOS Racisme, partie civile auprès de l’ancienne députée.
Le Tribunal a considéré que le tweet constituait un parallèle humiliant et dégradant pour Rachel Keke et qu’il était fondé sur les origines africaines communes entre cette dernière et Nafissatou Diallo.
Il a également reconnu le caractère à la fois raciste et sexiste du stéréotype véhiculé qui renvoyait à l’histoire des violences sexuelles et de la domination subies par les femmes noires lors de la période esclavagiste.
Selon Rachel Keke, « la négrophobie, et plus particulièrement la misogynoire, sont aujourd’hui de plus en plus décomplexées. Danièle Obono en avait été victime lorsqu’elle avait été caricaturée en esclave par le magazine Valeurs actuelles. Nadège Abomangoli, première femme noire vice-présidente de l’Assemblée nationale, fait l’objet de menaces et d’insultes constantes ».
Selon Mathieu Davy, son avocat et celui de SOS Racisme dans ce dossier, « ce jugement est clair : la liberté d’expression ne peut pas servir de refuge aux attaques racistes et sexistes. Lorsqu’une personne est publiquement réduite, en raison de son origine et de son sexe, à un stéréotype stigmatisant, humiliant et dégradant, les limites sont franchies ».
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « la sortie de Bruno Attal montre ce qu’est l’extrême droite lorsqu’elle se sent suffisamment assurée et rassurée pour déployer toute sa haine raciste. Si la condamnation de cet individu est bienvenue, nous savons que la lutte contre le racisme passe aussi par une mobilisation de tous les instants dans la société. »