Un testing de SOS Racisme révèle la persistance des discriminations dans les plages privées et les établissements de nuit

Ce mardi 28 juillet, SOS Racisme rend publics les résultats d’une vaste opération de testing consacrée aux discriminations raciales dans l’accès aux loisirs. Menée dans des plages privées et des établissements de nuit situés à Montpellier, Palavas-les-Flots, La Grande-Motte, Marseille, Aix-en-Provence, Nice et Antibes, cette enquête met en évidence la persistance de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal.

Pour les plages privées, plus d’un testing probant sur six révèle une discrimination

Au total, SOS Racisme a testé 23 plages privées différentes :

  • 7 à Montpellier, Palavas-les-Flots et La Grande-Motte ;
  • 5 à Marseille ;
  • 11 à Nice et Antibes.

Plusieurs différences de traitement discriminatoires ont été constatées au cours de ces opérations.

Par exemple, sur une plage de La Grande-Motte, les groupes perçus comme noir et blanc ont pu obtenir des transats situés au premier rang, tandis que le groupe perçu comme arabe s’est vu refuser cet emplacement et proposer des transats au troisième rang. À Antibes, dans un autre établissement testé, les groupes perçus comme noir et arabe ont été refusés, tandis que le groupe perçu comme blanc a été accepté.

Pour les établissements de nuit, près d’un testing probant sur trois révèle une discrimination

Par exemple, dans une boîte de nuit à Montpellier, le groupe perçu comme noir s’est vu refuser l’entrée au motif que l’établissement était complet. Les groupes perçus comme arabe et blanc, arrivés ensuite, ont pourtant été acceptés.

À Marseille, dans un établissement testé, les groupes perçus comme noir et arabe ont été refusés au motif qu’ils n’étaient pas des habitués, tandis que le groupe perçu comme blanc a pu entrer.

À Nice, le groupe perçu comme noir s’est vu annoncer un tarif de 200 euros. Aucun tarif n’a été mentionné au groupe perçu comme arabe, tandis que le groupe perçu comme blanc s’est vu proposer une entrée à 15 euros, incluant une consommation.

Dans un autre établissement, tous les groupes ont finalement pu entrer. Toutefois, le groupe perçu comme arabe a été accueilli par la remarque suivante : « Pas de bagarre ce soir. » Ce fait n’a pas été comptabilisé parmi les discriminations constatées, puisque l’accès a été accordé à tous les groupes. Il témoigne néanmoins d’un accueil différencié manifestement fondé sur des préjugés racistes.

Ces différents cas, cités à titre d’illustration, témoignent de la diversité des mécanismes discriminatoires observés : refus d’entrée, invocation de motifs contredits par l’accueil réservé au groupe de contrôle, application de tarifs différents ou propos stigmatisants.

Des discriminations persistantes

Les résultats montrent que les comportements discriminatoires ne sont pas nécessairement systématiques. Les plages privées de Nice et d’Antibes testées deux jours de suite n’ont notamment pas reproduit les mêmes comportements d’un jour à l’autre.

Ils démontrent toutefois que ces pratiques sont suffisamment fréquentes pour exposer les personnes perçues comme noires ou arabes à un risque réel d’être refusées, désavantagées, surfacturées ou humiliées en raison de leur origine réelle ou supposée.

Des conditions de dépôt de plainte préoccupantes

L’enregistrement audio réalisé lors du dépôt de plainte relatif aux faits constatés à Montpellier soulève également de sérieuses interrogations sur l’accueil et l’écoute réservés aux victimes potentielles de discrimination.

Cet enregistrement fait notamment apparaître une minimisation des faits rapportés, l’affirmation selon laquelle ceux-ci ne seraient pas racistes, des propos susceptibles de dissuader la victime de déposer plainte, ainsi que des soupirs, des réactions ironiques et une attitude générale inadaptée.

Ces comportements contribuent au découragement des victimes et participent à l’impunité des discriminations raciales.

SOS Racisme appelle les pouvoirs publics à agir

L’association demande notamment :

Dans un contexte marqué par la recrudescence des actes et des crimes racistes, ainsi que par un débat public toujours plus hostile aux personnes immigrées et à leurs enfants, SOS Racisme appelle à une réaffirmation claire du principe d’égalité par les pouvoirs publics.

  • la convocation, par les préfectures et les collectivités locales, des professionnels des secteurs concernés afin de leur rappeler leurs obligations légales ;
  • le développement d’actions de formation et de sensibilisation à destination des établissements accueillant du public ;
  • l’adoption d’une circulaire du ministère de la Justice rappelant aux magistrats la nécessité de poursuivre les faits discriminatoires et de conduire des enquêtes effectives ;
  • l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des victimes lors des dépôts de plainte ;
  • l’application de sanctions pénales et administratives réellement dissuasives à l’encontre des établissements responsables de discriminations.

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