SOS Racisme apporte son soutien plein et entier à Barbara Butch après l’interruption de son concert hier soir au Cabaret Frappé, à Grenoble.
Des jets de bouteilles et de projectiles en direction de la scène ainsi que des actes de sabotage des installations électriques ont conduit à l’interruption du concert et mis en danger le public, les équipes techniques et les artistes. Empêcher une artiste de se produire par la pression, l’intimidation ou la violence constitue une atteinte inacceptable à la liberté de création et d’expression.
Certains tentent de justifier cette action en invoquant le soutien de Barbara Butch à une tribune en faveur de la proposition de loi dite « Yadan ». SOS Racisme s’était opposée à ce texte, que l’association jugeait problématique en matière de liberté d’expression et sans réel apport dans la lutte contre l’antisémitisme. Mais il y a un monde entre la critique d’un texte et la désignation d’une artiste comme cible.
Cette campagne visant Barbara Butch ne date pas d’hier. Depuis plusieurs mois, des appels à sa déprogrammation sont portés par certains militants et élus, et notamment Allan Brunon, élu appartenant à la section grenobloise de LFI dont nous nous étonnons que les agissements n’aient fait l’objet d’aucune critique de la part de la direction nationale du parti sous la bannière duquel il intervient dans la vie politique. Les accusations portées contre elle reposent notamment sur des affirmations infondées, comme celle selon laquelle elle aurait joué à la Pride de Tel-Aviv en 2025. Barbara Butch a en réalité participé à une soirée privée organisée à l’ambassade de France en Israël, et non à la Pride de Tel-Aviv, qui n’a pas eu lieu cette année-là.
Faire de cet évènement imaginaire, ou de la signature d’une tribune qui lui avait été présentée comme visant à renforcer la lutte contre l’antisémitisme, un prétexte pour attaquer une artiste relève d’une instrumentalisation dangereuse. Si le sort des civils gazaouis, victimes du gouvernement d’extrême droite criminel israélien, suscite une indignation toute légitime, celle-ci ne saurait conduire à chercher dans l’intimidation d’une artiste un substitut d’action politique, aussi facile et spectaculaire soit-il.
Depuis 2024, Barbara Butch fait l’objet d’un déferlement de haine d’une grande violence mêlant grossophobie, lesbophobie, antisémitisme, menaces de mort et de viol, ainsi que campagnes de dénigrement. Les violences commises hier soir constituent une nouvelle étape inacceptable dans l’essentialisation de l’artiste (Juive et lesbienne, donc nécessairement « agente » d’un pinkwashing israélien) et dans les tentatives visant à la réduire au silence.
Alors qu’en France ont eu lieu plusieurs campagnes contre des artistes juifs ou israéliens pourtant clairement attachés à la paix et opposés à Netanyahu, SOS Racisme condamne avec la plus grande fermeté ces violences fondées sur une inacceptable essentialisation et réaffirme son soutien à Barbara Butch ainsi qu’aux équipes du Cabaret Frappé.