« Qu’ils retournent en Afrique » : cinq militants zemmouristes jugés par le tribunal correctionnel de Marseille ce mardi

Le 24 juin 2023 à Marseille, se tenait le concert de soutien à l’association de sauvetage de migrants en mer SOS Méditerranée. En plein évènement, une large banderole est déployée sur le toit d’un immeuble voisin. Sur cette banderole, on peut lire « Qu’ils retournent en Afrique », reprise de la phrase prononcée par un député Rassemblement National en pleine séance de l’Assemblée Nationale le 3 novembre 2022, ce qui valut à ce dernier 15 jours d’exclusion.

Dans la foulée de cette action, cinq personnes sont interpellées, placées en garde à vue puis renvoyées devant le tribunal correctionnel pour répondre du chef d’injure publique à caractère raciste, un délit passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. L’audience aura lieu ce mardi 14 mai.

Tout en niant contre toute évidence la motivation raciste de leur geste, les prévenus ont fièrement revendiqué lors de leur garde à vue appartenir à « Défends Marseille », l’organisation de soutien au zemmouriste Stéphane Ravier, sénateur Reconquête et ex-candidat sur les listes du Rassemblement National aux élections municipales. Lors des perquisitions à leurs domiciles, les enquêteurs ont – notamment – trouvé un sticker sur lequel était imprimé « Brigade anti-nègres », des t-shirts et stickers anti-LGBT et des références nazies.

L’association SOS Racisme, partie civile dans cette procédure, espère une condamnation des prévenus pour ces propos d’un racisme intolérable.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « ces militants d’extrême-droite – connectés et insérés dans l’extrême-droite Reconquête et RN – tentent par ces actions de rendre légitime dans l’espace public l’expression du racisme et de la xénophobie. Les laisser agir en toute impunité, ce serait être complices – au moins par abstention – de leur stratégie dont l’objectif final est l’instauration d’un ordre raciste et de la terreur envers celles et ceux qui le contesteraient. C’est pourquoi nous attendons de la justice une condamnation de ces agissements. Cependant, il ne faut pas être dupes: le recours à la justice, s’il permet de rappeler sur quelles règles notre société est fondée, ne peut se substituer à un travail politique et culturel afin de combattre la dynamique de l’extrême-droite dans notre pays. »

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