Révélations du Monde : les propos intolérables d’Emmanuel Macron à l’endroit des personnes d’origine maghrébine et subsaharienne appellent des excuses du président de la République.

Ces dernières heures, le journal Le Monde publie une enquête en quatre épisodes consacrée à Emmanuel Macron.

Dans l’article publié ce mercredi, le quotidien révèle que le président de la République évolue dans une ambiance de propos homophobes, au point où une petite bande (un « boys club ») qui gravite autour de lui qualifiait Matignon de « cage aux folles » lorsque Gabriel Attal était premier ministre, sans parler des grandes esclaffades autour des mots « tarlouze » et « pédé ».

Dans l’article publié jeudi, le quotidien révèle que le président de la République tient des propos sexistes, qualifiant Lucie Castets et Marine Tondelier de « cocottes ». Pour rappel, une cocotte est un sobriquet en vogue au XIXème siècle et utilisé pour désigner une prostituée du type « demi-mondaine » ou « courtisane ».

Dans ce même article, le quotidien révèle que le président de la République qualifiait les personnes d’origine maghrébine de « rabzouz » dans le cadre de son entretien avec les journalistes de Valeurs actuelles en 2019. Le quotidien révèle également qu’à l’automne 2023, Emmanuel Macron affirmait devant le ministre de la santé Aurélien Rousseau et le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler que « le problème des urgences dans ce pays, c’est que c’est rempli de Mamadou. » Bref, des propos racistes.

Ce matin, l’Elysée a démenti que le président ait tenu les propos racistes qui lui étaient attribués. Le Monde maintient ses affirmations. 24h ou 48h après la publication des articles, l’absence de démenti par les témoins des scènes rapportées ainsi que le maintien par le quotidien Le Monde des affirmations contenues dans ses articles laissent clairement entrevoir que le président de la République a pourtant bien tenu ces propos.

Ces propos sont indignes de la fonction de président de la République. Ils le sont d’autant plus qu’ils ont été précisément tenus alors qu’Emmanuel Macron exerçait des fonctions présidentielles en vertu desquelles il doit assurer la cohésion de la Nation et défendre les principes d’une République qui s’est notamment donnée pour horizon l’égalité et la fraternité.

Emmanuel Macron a été, non sans raison, accusé de manifester un grand mépris de classe depuis son entrée à l’Elysée. Il semblerait qu’il ajoute désormais le mépris de race au mépris de classe.

Ces propos, en plus d’être indignes, sont graves. A travers eux, le président de la République banalise l’expression du racisme dans la société en utilisant des termes péjoratifs tels que « rabzouz » ou en faisant sien l’imaginaire de l’extrême droite pour laquelle les problèmes quotidiens que rencontre notre pays seraient le fait des immigrés et de leurs enfants.

Face à ces révélations, devant leur gravité et au regard de l’émotion légitime qu’elles soulèvent, il appartient désormais au président de la République de présenter ses excuses aux nombreux citoyens qui sont visés et insultés par de tels propos.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « le président de la République doit se rappeler une chose : en France, nous sommes toutes et tous des citoyens quelles que soient nos couleur de peau, culture ou religion. Au-delà, toute personne qui vit dans notre pays a le droit au respect, même lorsqu’elle est née dans un autre pays. En France, les personnes d’origine maghrébine et subsaharienne sont censées jouir des mêmes droits et se voir accorder le même respect que n’importe quelle autre personne. Elles ne sont ni des objets de folklore destinés à égayer la vie de tel ou tel hautain. Elles ne sont pas plus des « boys » que l’on pourrait traiter avec l’infini mépris que recèle chaque parole raciste. » 

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