C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de Robert Badinter, figure emblématique de la gauche, ancien ministre de la Justice et artisan de l’abolition de la peine capitale.
Avocat, écrivain, président du Conseil constitutionnel et sénateur, Robert Badinter est resté dans les mémoires comme le symbole du combat pour l’abolition de la peine de mort en France. En 1982, il fit également adopter la loi dépénalisant l’homosexualité dans le droit français, marquant une étape cruciale dans la reconnaissance des droits humains.
Ayant vécu l’horreur de la Shoah et l’antisémitisme qui a ravagé l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, Robert Badinter a consacré sa vie à la défense des droits humains et à la justice pour les victimes de crimes contre l’humanité. En 2018, il publie Idiss, un livre dédié à sa grand-mère, qui avait fui les pogroms pour trouver refuge en France, avant d’être tragiquement déportée à Auschwitz par le régime de Vichy.
« La République ne peut admettre le racisme, la République ne peut pas supporter l’antisémitisme, c’est aussi clair que cela », déclarait-il, exprimant son engagement indéfectible pour les valeurs républicaines.
En 2023, à l’âge de 95 ans, Robert Badinter s’engageait une fois de plus pour la justice mondiale, rédigeant l’acte d’accusation de Vladimir Poutine dans son dernier livre. Il plaidait pour la traduction du président russe devant un tribunal international pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, témoignant une fois de plus de son infatigable combat pour la justice.
SOS Racisme adresse ses plus sincères condoléances à son épouse, Élisabeth Badinter, à ses enfants et à ses proches.