Projet de suppression du droit du sol à Mayotte : une nouvelle concession à l’extrême-droite

Ce jour, Gérald Darmanin a annoncé l’initiation d’une réforme constitutionnelle visant à supprimer le droit du sol à Mayotte, où il est actuellement en déplacement.

SOS Racisme dénonce fermement ce projet, qui s’inscrit une fois de plus dans la légitimation d’un discours d’extrême-droite cherchant à remettre en cause le droit du sol et à miner le principe d’égalité de traitement. Cette révision constitutionnelle, soutenue par les forces politiques les plus intolérantes de Mayotte, introduirait une remise en cause flagrante du principe républicain du droit du sol. Sous couvert de répondre à une soi-disant « crise migratoire, » cette initiative valide l’imaginaire de l’extrême-droite selon lequel la lutte contre l’immigration passe par la dégradation des droits des individus. Elle ouvre ainsi une brèche juridique que l’extrême-droite pourrait exploiter pour élargir son influence législative.

Il s’agit également d’une attaque spectaculaire contre le principe d’égalité, au cœur de notre Constitution et de notre système juridique. Rappelons qu’en 2022, Emmanuel Macron a bénéficié d’un large soutien de la part des électeurs désireux de faire barrage à Marine Le Pen, dont le programme politique menaçait l’égalité constitutionnelle. Il est donc particulièrement cynique de voir l’actuel gouvernement adopter une dynamique similaire, remettant en cause l’égalité sur un territoire devenu département en 2011, et ce au nom d’une intégration complète dans les normes juridiques des autres départements.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « une fois de plus, après le fiasco politique et moral lié à l’adoption et à la censure partielle de la loi Immigration, le ministre de l’Intérieur se fait le porteur d’une politique d’apprenti-sorcier, marquée par l’irresponsabilité. La Constitution, déjà attaquée par l’extrême-droite et la droite LR pour les garanties qu’elle offre en matière de protection des droits, ne doit pas être pervertie. Elle ne peut devenir un terrain de jeu pour des cyniques politiques et des effets d’annonce. L’irresponsabilité d’un tel projet, ou même de sa simple annonce, est particulièrement frappante à un moment où nous pleurons la disparition de Robert Badinter, qui a présidé le Conseil Constitutionnel et consacré sa vie au renforcement de l’égalité et de l’État de droit. Peut-on être aussi irresponsable le dimanche et rendre un hommage national à Robert Badinter le mercredi ? »

SOS Racisme appelle Emmanuel Macron à renoncer à ce projet insensé et exhorte toutes les forces politiques attachées à l’égalité à s’opposer vigoureusement à cette tentative de réforme constitutionnelle, qui pourrait pervertir profondément le pacte juridique et social qu’elle incarne.

Découvrir nos autres
actualités

Injures racistes, sexistes et misogynes d’un policier municipal RN à Carcassonne : SOS Racisme porte plainte et demande le renvoi de l’auteur de ces propos

Dans la soirée du 8 septembre 2026, une enquête vidéo a révélé les propos racistes, sexistes, misogynes et complotistes tenus au cours d’une patrouille par un policier municipal de Carcassonne, ancien membre du service d’ordre du RN et proche de Christophe

Bruno Attal reconnu coupable d’injure raciste à l’encontre de Rachel Keke.

Le 7 juillet 2024, Rachel Keke était battue aux élections législatives. Cinq jours plus tard, Bruno Attal, ancien policier et activiste d’extrême droite, rédigeait un tweet infame. En effet, il publiait une photo présentant le visage de Rachel Keke à

Procès pour injure à caractère raciste au café Le Régent à Bordeaux

Le 6 octobre 2025, durant plusieurs heures, le propriétaire du café-restaurant Le Régent, Daniel Marion, a tenu des propos d’une extrême violence à l’encontre de ses employés : propos racistes, xénophobes et sexistes. Pendant plusieurs heures, Daniel Marion a vociféré des insultes abjectes à

Agressions racistes en marge du match OL-Le Havre : SOS Racisme et Sportitude saisissent le procureur de la République de Lyon

Le samedi 29 août 2026, à l’occasion de la rencontre opposant l’Olympique Lyonnais au Havre, plusieurs personnes ont été victimes de graves violences à caractère raciste aux abords du Groupama Stadium.  Deux agressions particulièrement violentes sont aujourd’hui rapportées. La première,

Nous soutenir