Quatre bulgares néonazis ont été condamnés à de la prison ferme pour dégradation à caractère raciste 

Les 29, 30 et 31 octobre 2025, quatre prévenus dont l’un est toujours en fuite ont comparu devant le tribunal judiciaire de Paris. Suivant en grande partie les réquisitions du procureur, la juridiction a prononcé des peines d’emprisonnement allant de deux à quatre années, dans un contexte marqué par des soupçons d’ingérence étrangère. La circonstance aggravante d’antisémitisme de l’infraction a été retenue par la justice, une décision dont se félicite SOS Racisme. 
 
Dans la nuit du 14 mai 2024, aux alentours de 4h00, 35 empreintes de mains rouges ont été apposées sur le Mur des Justes du Mémorial de la Shoah, à Paris, ainsi que sur plusieurs façades d’immeubles situés dans les 4ᵉ et 5ᵉ arrondissements de la capitale. 

Les inscriptions réalisées, soit les « mains rouges » renvoient directement au lynchage par une foule de Yosef Avrahami et Vadim Norzhich, soldats israéliens dans le commissariat de Ramallah le 12 octobre 2000, au cours duquel les assaillants après avoir tué leurs victimes avaient exhibé leurs mains couvertes de sang à la foule. 

La reprise de ce symbole et le choix du lieu de leur apposition – sur le mur du Mémorial de la Shoah à Paris – ainsi que sur plusieurs bâtiments des 4ème et 5ème arrondissements de Paris – traduisent une intention manifeste et délibérée de dégrader et détériorer un site à forte portée symbolique visant directement la communauté juive.

SOS Racisme, représentée par Maitre Lucas Veil, a sollicité une réponse judiciaire ferme à l’encontre des quatre prévenus, dont l’un actuellement en fuite a été jugé par défaut. Comme a tenu à le souligner Maitre Veil, « ce procès marque une première en France, en soulevant la question de l’ingérence étrangère et de l’instrumentalisation de l’antisémitisme à des fins de déstabilisation ». 

L’hypothèse d’une ingérence russe n’a en aucun cas occulté le caractère indéniablement antisémite des faits, d’autant que l’un des prévenus déniait tout mobile antisémite. Plusieurs preuves accablantes attestaient de sa fascination pour Adolf Hitler – notamment un tatouage sur le torse représentant une croix gammée surmontée de l’aigle impérial, emblème de l’Allemagne nazie, ainsi qu’une photographie diffusée sur les réseaux sociaux le montrant vêtu d’un T-shirt à l’effigie d’Adolf Hitler, accompagné de l’inscription “He was right.”

Dans une société marquée par la persistance et la recrudescence des actes antisémites, la reconnaissance du caractère antisémite d’un tel fait apparaissait plus que nécessaire pour que la justice affirme la lutte contre la haine et l’intolérance et la préservation du devoir de mémoire en protégeant les lieux et symboles commémoratifs contre des actes visant à nier ou à banaliser l’Histoire.

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