Ce lundi 19 janvier, en marge d’un rassemblement de la communauté kurde à Paris, un homme a été victime de violences gratuites — coups de matraque à la tête et aux jambes, étranglement — ainsi que d’injures racistes de la part de policiers membres d’une compagnie de sécurité et d’intervention (CSI) de la Préfecture de police de Paris.
Une vidéo, filmée par un riverain atteste de ces violences. Elle permet d’entendre distinctement les mots « dégage » puis « kébab sur pattes » au moment où la personne est relâchée par les policiers. Cela démontre d’ailleurs le caractère parfaitement gratuit, ni nécessaire ni proportionné, des coups portés à l’individu.
SOS Racisme apporte son soutien à la victime et saisit la justice ainsi que le ministre de l’Intérieur au sujet de cette agression, accompagnée de propos racistes, commise par des membres des forces de l’ordre.
Quelques jours après la mort d’El Hacen Diarra, survenue à la suite de son interpellation par la police dans le XXᵉ arrondissement de Paris, ces faits — constitutifs de violences volontaires avec les circonstances aggravantes de racisme et du fait qu’elles ont été commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique — constituent une nouvelle illustration de l’urgence de prendre à bras-le-corps la problématique ancienne et documentée du racisme dans la police.
De la même manière, les doctrines actuelles de « maintien de l’ordre » ou en matière de « violences urbaines » — distinction floue et douteuse quant à la perception qu’a cette institution des quartiers populaires — sont également à questionner. La présence policière et ses modes d’intervention, suivant des logiques dissuasives et confrontationnelles, apparaissent en effet comme brutales et anachroniques, là où une logique de dialogue et de désescalade serait plus à même de garantir ou de rétablir la tranquillité publique. De la même manière que les très décriées BRAV-M, les CSI — similairement cagoulées et casquées — se retrouvent régulièrement mêlées à des escalades soudaines de tension lors de manifestations publiques, contrairement à d’autres corps, mieux formés à opérer le distinguo, pourtant élémentaire, entre maintien de l’ordre et rétablissement de l’ordre.
Enfin, l’assimilation croissante, ces dernières années, de toute manifestation non déclarée en bonne et due forme — ce qui était le cas du rassemblement spontané organisé ce lundi par la communauté kurde en solidarité avec le Rojava — à une manifestation interdite troublant par nature l’ordre public participe d’un glissement vers une logique d’« autorisation préalable », qui serait contraire aux droits constitutionnellement garantis.
SOS Racisme demande à nouveau qu’une réflexion globale soit initiée sur l’emploi de la force publique, le recrutement et la formation de ses fonctionnaires, ainsi que sur le racisme qui existe au sein de l’institution.