SOS Racisme a saisi ce jour l’ARCOM à la suite de la diffusion et de la reprise, sur plusieurs antennes audiovisuelles, d’une fausse information attribuant à M. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, des propos qu’il n’a jamais tenus.
Le 15 mars 2026, lors d’une interview diffusée sur LCI, M. Bally Bagayoko évoquait Saint-Denis comme « la ville des rois et du peuple vivant ». Dès le lendemain, une séquence tronquée de cette intervention a circulé sur le réseau social X, accompagnée d’une interprétation erronée lui attribuant la formule « ville des noirs ». Cette citation a été relayée et amplifiée par plusieurs personnalités politiques d’extrême droite, avant d’être reprise comme un fait avéré.
Comme l’a établi une enquête de Libération (CheckNews, 18 mars 2026), cette affirmation repose sur une déformation , transformée en polémique publique.
Cette fausse information a ensuite été reprise à l’antenne sur plusieurs chaînes et radios nationales, notamment sur France 5, RMC, BFMTV et France Info, où elle a été présentée comme une déclaration réelle de l’intéressé.
Si certaines de ces affirmations ont été contestées en plateau puis corrigées a posteriori, leur diffusion initiale sans vérification préalable constitue, pour SOS Racisme, un manquement grave aux exigences d’honnêteté et de rigueur de l’information.
La diffusion de ces contenus a contribué à alimenter une lecture identitaire du débat public et à exposer M. Bally Bagayoko à des attaques répétées fondées sur son origine réelle ou supposée. De tels mécanismes participent à banaliser des formes de stigmatisation raciste.
Dans sa saisine, SOS Racisme demande à l’ARCOM d’examiner les conditions dans lesquelles cette information inexacte a été diffusée, d’évaluer le respect par les éditeurs concernés de leurs obligations en matière d’honnêteté, de rigueur et de vérification de l’information et de rappeler l’importance d’une vigilance accrue dans le traitement des contenus issus des réseaux sociaux.
SOS Racisme souligne que la diffusion initiale d’une information fausse constitue en elle-même un manquement, indépendamment des rectifications ultérieures.