Dans la nuit du 8 au 9 septembre, plusieurs mosquées de la région parisienne ont été la cible d’actes de profanation. À Paris, Montreuil et Malakoff, neuf têtes de porc ont été déposées devant leurs entrées, suscitant une vive émotion parmi les fidèles et plus généralement parmi les citoyens attachés au vivre ensemble ainsi qu’une réaction immédiate des autorités.
Ces actes de profanation s’inscrivent dans un climat inquiétant de recrudescence de la haine antimusulmane. Les discours stigmatisants qui se banalisent dans l’espace public légitiment des passages à l’acte, dont les conséquences humaines peuvent être tragiques. Le récent assassinat d’Aboubakar Cissé au sein de la mosquée de La Grand-Combe en demeure, à ce titre, une illustration insupportable et encore vive dans nos mémoires.
SOS Racisme alerte sur les origines de cette haine. Il y a bien sûr la responsabilité écrasante de l’extrême droite dont toute la politique a sans cesse consisté à jeter à la vindicte publique les immigrés et leurs enfants, les musulmans, les Juifs (qu’elle feint circonstanciellement de défendre) et plus généralement toutes les personnes qui n’auraient pas la « bonne » couleur de peau, la « bonne » religion ou le « bon » lieu de naissance.
Mais, au-delà, la responsabilité est également celle de trop nombreux responsables politiques qui, depuis plusieurs années, multiplient les prises de position de nature à alimenter la suspicion et la haine envers les immigrés venus d’Afrique, leurs enfants ou les musulmans.
Certes, ces figures multiplient ou multiplieront les paroles de condamnation des actes commis cette nuit. Mais il ne suffit pas de dénoncer ponctuellement les conséquences de la haine lorsque l’on participe à en nourrir les causes.
Face à ces actes islamophobes qu’elle condamne, l’association SOS Racisme exprime son soutien aux fidèles des mosquées visées, ainsi qu’à l’ensemble des musulmans que ces événements à répétition plongent dans la tourmente.
Nous attendons de la justice qu’elle identifie et sanctionne les auteurs des actes perpétrés contre les mosquées. Afin de s’en assurer, SOS Racisme se constituera partie civile dans l’enquête ouverte par la brigade criminelle du parquet de Paris pour « provocation à la haine aggravée par la discrimination en raison de l’appartenance à une race ou religion ».
Mais au-delà des coupables directs, il est urgent que la parole politique soit interrogée et qu’elle cesse de nourrir le climat de racisme au sein duquel de trop nombreux citoyens doivent évoluer.