El Hacen Diarra, ressortissant mauritanien âgé de 35 ans, est décédé dans la nuit du 14 au 15 janvier alors qu’il était gardé à vue au commissariat du XXᵉ arrondissement de Paris.
Selon les premiers éléments rendus publics, El Hacen Diarra avait été interpellé mercredi soir par des policiers des Brigades territoriales de contact, ces derniers le suspectant de rouler un joint de cannabis, au pied du foyer où il résidait. Il a ensuite été conduit au commissariat du XXe arrondissement de Paris, où il était victime d’un arrêt cardio-respiratoire environ une heure après son interpellation.
Une vidéo de l’interpellation, largement relayée, montre un policier agenouillé porter plusieurs coups de poing en direction d’un homme maintenu au sol, avant l’arrivée d’autres fonctionnaires à bord d’un véhicule. Ces images soulèvent de graves interrogations sur les conditions de l’interpellation et de la prise en charge d’El Hacen Diarra par les forces de l’ordre.
La famille de la victime a déposé plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ».
Si les causes du décès restent à déterminer, il n’en demeure pas moins que la raison de l’interpellation d’El Hacen Diarra ainsi que la violence qui l’a touché interrogent lourdement.
Pour SOS Racisme, ce décès fait écho à la problématique du racisme dans la Police, du climat particulièrement raciste qui traverse aujourd’hui le débat public et, enfin, d’un système politico-médiatique qui banalise, relativise voire couvre trop régulièrement les violences exercées par des représentants de l’État lorsqu’elles visent les personnes d’origine maghrébine ou subsaharienne.
Concernant ce dernier point, nous pensons notamment aux propos tenus par Pascal Praud sur CNews la veille de ce drame, lorsqu’il déclarait que « les gens en face sont blancs » à propos d’agriculteurs opposés aux forces de l’ordre, avant de souligner que les policiers partageaient parfois « les convictions » ou « les origines » de ces manifestants. Ce type de discours contribue à installer l’idée d’un maintien de l’ordre à géométrie variable, selon l’origine réelle ou supposée des personnes concernées.
Dans le même temps, les violences policières continuent de bénéficier d’une quasi-impunité particulièrement inquiétante. Les sanctions disciplinaires et les condamnations judiciaires demeurent exceptionnelles. Comme autant de signaux désastreux d’impunité, des agents mis en cause sont régulièrement soutenus publiquement, défendus politiquement, voire récompensés par des cagnottes.
Il est urgent que s’ouvre le chantier d’une réflexion sur les violences policières, les biais racistes qui peuvent les éclairer, la confiance que les citoyennes et citoyens placent en cette institution et ses mécanismes de contrôle et, plus largement, les rapports police-population. De tels drames ne sont pas des dérives isolées, mais la conséquence d’une institution qui refuse de se remettre en question.
SOS Racisme demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’arrestation, du transfert et du décès de El Hacen Diarra au sein du commissariat du XXe arrondissement.
Un rassemblement en hommage à El Hacen Diarra et en soutien à sa famille s’est tenu ce dimanche. SOS Racisme y était présent et adresse à la famille et aux proches ses plus sincères condoléances.