Protection fonctionnelle accordée par l’Etat aux agresseurs de Michel Zecler : SOS Racisme demande à la justice d’annuler cette décision

Il y a 2 mois jour pour jour, la France découvrait les images de trois fonctionnaires de police frappant Michel Zecler, un homme noir, aux cris de « Sale nègre ! ».

Les plus hautes autorités de l’Etat dénonçaient alors le comportement de ces individus ou faisaient savoir leur réprobation. Alors que quatre policiers étaient finalement mis en examen et que deux d’entre eux étaient placés en détention provisoire, nous apprenions que le préfet de police de Paris avait accepté d’accorder la protection fonctionnelle aux prévenus.

SOS Racisme s’en était immédiatement ému. Aujourd’hui, l’association, représentée par maître Eric Vève, dépose un recours devant le tribunal administratif de Paris afin que la justice annule la décision aberrante de Didier Lallement.

Si l’Etat doit protéger son agent lorsque ce dernier fait l’objet de poursuites pénales pour une faute de service commise dans l’exercice de ses fonctions, cette protection ne peut pas jouer si l’agent a commis une faute personnelle. Or, il est évident que les fautes commises par ces fonctionnaires de police sont des fautes personnelles puisqu’elles revêtent un caractère inexcusable au regard des régles déontologiques.

En accordant la protection fonctionnelle, le préfet de police de Paris a méconnu cette règle et envoie un signal d’une extrême gravité. En effet, faut-il comprendre que la décision d’accorder la protection fonctionnelle à ces policiers signifie que le préfet de police considère une agression raciste comme une faute de service ? Par la décision qu’il a prise, le préfet de police de Paris envoie un signal de nature à banaliser le racisme et son expression au sein de la police et plus généralement dans la société. Il montre par ailleurs son évident refus, au-delà de formules convenues que le scandale l’oblige parfois à prononcer, de condamner les comportements racistes au sein de la préfecture de police de Paris, institution qui connaît une dérive déontologique que celui qui la dirige n’entend manifestement pas rectifier.

Au-delà de l’attitude du préfet Lallement, Dominique SOPO, président de SOS Racisme, remarque que « cette décision d’accorder la protection fonctionnelle aux agresseurs de Michel Zecler n’a entraîné aucune condamnation de la part du ministère de l’Intérieur. Peut-on même penser que le préfet de police de Paris ait pu prendre cette décision sans en référer préalablement à la place Beauvau ? A l’heure où s’ouvre le « Beauvau de la sécurité », faut-il comprendre que, une fois de plus, le ministre de l’Intérieur se comportera en chef de corporation et non pas en responsable d’une administration soumise aux règles déontologiques ? »

Découvrir nos autres
actualités

Des salariés noirs ont-ils été cachés pour un tournage de TF1 à l’aéroport de Roissy ?

En septembre 2025, des membres du CSE de l’entreprise Watch Over (qui assure la sécurité à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle) ont saisi notre association pour nous alerter de faits susceptibles de constituer une discrimination raciale particulièrement préoccupante : des salariés noirs auraient

Une nouvelle attaque antisémite a ravivé les inquiétudes autour de la sécurité des Juives et des Juifs à Londres.

Ce mercredi, une nouvelle attaque antisémite a ravivé les inquiétudes autour de la sécurité des Juives et des Juifs à Londres. Dans le quartier de Golders Green, connu pour abriter une importante communauté juive, deux hommes juifs ont été grièvement

Former les journalistes de demain à la lutte contre le racisme : un partenariat avec l’ISFJ

À l’occasion de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme et dans le cadre d’un partenariat académique avec SOS Racisme, les étudiants de l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme (ISFJ) ont réalisé une édition spéciale de leur

Le 18 avril dernier à Nice, deux CRS alcoolisés ont été filmés en train de passer à tabac un jeune homme avant de lui dérober ses effets personnels.

Le 18 avril dernier à Nice, deux hommes alcoolisés ont été filmés en train de passer à tabac un jeune homme avant de lui dérober ses effets personnels. Pendant qu’elle se faisait rouer de coups, la victime a crié à

Nous soutenir