Ce jeudi, les députés débattaient du « pacte Dutreil » qui prévoit qu’un abattement fiscal de 75% soit appliqué sur les transmissions d’entreprises familiales aux descendants. Au regard de la situation budgétaire du pays, la question de la justice fiscale s’invite avec force dans les débats et conduit à interroger des dispositifs qui apparaissent comme particulièrement favorables aux plus riches.
A cette occasion, Frédéric-Pierre Vos, député RN de l’Oise, a tenu des propos répugnants. En effet, en défense du pacte Dutreil, le parlementaire d’extrême droite a prononcé cette phrase : « La résistance à l’oppression, c’est de ne pas confondre égalité et égalitarisme, et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu’ils étaient plus grands ».
Ces mots sont particulièrement glaçants.
En effet, ils inversent les bourreaux et les victimes. En 1994 au Rwanda, ce sont plus de 800.000 Tutsi qui ont été engloutis dans un génocide perpétré par le « Hutu Power ». Que cette inversion soit le fait de la médiocrité ou d’une perversité négationniste ne change pas une réalité : elle est une insulte aux morts et une douleur infligée aux survivants et aux proches des victimes de ce crime monstrueux.
En outre, ces mots sont glaçants du fait de la légèreté avec laquelle ce député du RN convoque un génocide pour défendre un dispositif fiscal, qui bénéficie par ailleurs fréquemment aux couches les plus favorisées de notre société. Une fois de plus, le RN révèle le lien singulier qui le lie aux grands crimes de l’Histoire. Pour mémoire, Jean-Marie Le Pen, alors président du FN, a déclaré à plusieurs reprises que les chambres à gaz – instrument de l’assassinat de plusieurs millions de Juifs – avaient été « un point de détail de l’Histoire de la Seconde guerre mondiale ». Est-ce parce que monsieur Vos pense que le génocide qui a frappé plus de 800.000 Africains est un « point de détail » qu’il s’est permis une telle sortie ?
SOS Racisme condamne ces propos qui banalisent le génocide dont ont été victimes les Tutsi. L’association a par ailleurs saisi la présidente de l’Assemblée nationale afin qu’elle prenne toutes les mesures nécessaires pour que l’Hémicycle ne devienne pas un lieu où les génocides sont banalisés et où l’on pourrait infliger des douleurs à celles et ceux que cette Histoire a meurtris dans la chair et dans l’esprit.