Propos d’Emmanuel Macron sur le génocide rwandais : une avancée mais des excuses et un processus judiciaire restent encore a être achevé

Les propos d’Emmanuel Macron à Kigali sont un tournant dans le récit que le pouvoir français a posé sur le génocide qui frappa les Tutsis en 1994 au Rwanda. En effet, pour la première fois, un président de la République française reconnaît des « responsabilités accablantes » de la France dans ce drame.

Certes, les génocidaires n’étaient pas français. Ils étaient des Rwandais hutus enivrés de racisme. Par contre, la France, en ayant appuyé le régime à l’ombre duquel s’élaborait le génocide ne peut faire comme si ce crime ne la concernait pas. Le cynisme géopolitique et l’esprit colonial de plusieurs dirigeants ont concouru à ce que des responsables politiques français – dans un pays alors présidé par François Mitterrand et plongé dans la cohabitation – se compromettent avec un régime génocidaire.

Si les mots d’Emmanuel Macron constituent une avancée, ils ne sont pas une fin. Car nous sommes pour notre part partisan des excuses. Si on ne s’excuse pas quand l’on a été défaillant (a minima) face à un génocide, dans quelle situation s’excuserait-on devant les victimes et leurs proches?

En outre, les responsabilités doivent continuer à être explorées. A cet égard, quid du rôle de certains hauts responsables français qui furent particulièrement en pointe dans ce dossier en 1994 ? Quid du rôle de mercenaire de Paul Barril, fournissant plus que vraisemblablement des armes au régime génocidaire dans un pays alors sous embargo ? Est-il sérieusement envisageable que cela ait pu se faire sans que les services français ne s’en aperçoivent ?

Enfin, les procès des génocidaires et de leurs complices réfugiés sur le sol français doivent tous avoir lieu. Si des avancées majeures ont eu lieu ces dernières années, il reste à achever ce processus judiciaire qu’une trop longue impunité de fait a contribué à en retarder le terme.

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