C’est avec stupéfaction que nous découvrons que le RN pourrait se voir attribuer la présidence du groupe d’études de l’Assemblée nationale consacré à l’antisémitisme.
En effet, une proposition de répartition des présidences des groupes d’études a été réalisée, dans l’attente d’une confirmation de cette répartition lors d’un vote prévu le 16 novembre prochain.
SOS Racisme se demande comment une telle proposition, véritable insulte aux victimes de l’antisémitisme, a pu faire l’objet d’une pré-validation par les députés réunis au sein de la délégation du Bureau chargée des groupes d’études.
En effet, nul n’ignore que le FN, aujourd’hui appelé RN, a été fondé par des personnages engagés dans la Collaboration avec les nazis, voire dans des combats à leurs côtés au sein des Waffen-SS. Nul n’ignore non plus la longue tradition de propos antisémites tenus par maints responsables, candidats et militants de ce parti, à commencer par Jean-Marie Le Pen. Nul n’ignore enfin que l’entourage de Marine Le Pen est constitué de nostalgiques de la seconde guerre mondiale et de ses acteurs les plus sufureux, à l’image de Frédéric Châtillon et d’Axel Loustau.
En outre, il est évident que la mise en sourdine de l’expression de l’antisémitisme par le FN/RN vise pour ce parti à lisser son image rendue sulfureuse – et donc handicapante pour l’accès au pouvoir – par ces accointances avec les régimes et les idéologies qui trouvèrent dans la haine des Juifs le moteur de leurs entreprises de mort et de destruction.
Alors que se tient aujourd’hui le procès en appel de Jean-Marie Le Pen qui avait parlé de « fournée » à l’endroit de Patrick Bruel (propos publiés sur le site du FN alors déjà présidé par Marine Le Pen), il est stupéfiant de voir que l’Assemblée nationale, par incompétence, incurie ou complaisance, prenne le risque d’accompagner la stratégie de banalisation du RN.
SOS Racisme demande à la présidence de l’Assemblée nationale, aux membres du bureau de l’Assemblée nationale attachés aux valeurs de la République et à la décence ainsi qu’aux députés appartenant aux partis en adhésion avec la devise républicaine de faire obstacle à cette décision.
En outre, SOS Racisme s’interroge sur les autres propositions d’attribution de présidences de groupes d’études au RN. En effet, parmi ces groupes d’études figurent la francophonie et le Sida. Au regard du racisme anti-noir qui s’est exprimé ces derniers jours chez les députés RN et du passif de ce parti à l’endroit des droits LGBT tout autant que du traitement à réserver aux personnes malades du Sida, l’Assemblée nationale s’honorerait d’attribuer les présidences de ces groupes à des députés choisis hors des rangs du RN.
Quoi qu’il en soit, contre cette stratégie de la banalisation du racisme et de l’extrême-droite, SOS Racisme et de nombreuses organisations appellent à un rassemblement ce dimanche 13 novembre à Paris (à partir de 15h, au départ de la place de la République).