Dimanche 26 mars, dans le 19e arrondissement de Paris, Shaoyo Liu, un homme de 56 ans, a été abattu à son domicile devant ses enfants par un membre de la Brigade anti-criminalité.
La version de la police n’est en rien satisfaisante. En effet, celle-ci évoque que le père de famille aurait blessé l’un d’eux avec une paire de ciseaux, et que les fonctionnaires auraient alors agi en légitime défense. Cette version, contredite de façon constante par les deux enfants, pose une série de questions auxquelles l’institution se doit de répondre :
– Comment un père de famille sans histoires aurait bien pu soudainement se transformer en un forcené agresseur de policier ?
– Comment se fait-il qu’un policier, même se sentant menacé, soit en mesure de faire feu et d’abattre un père de famille armé d’une paire de ciseaux ?
– Comment se fait-il que les enfants aient été par la suite confinés pendant près de deux heures dans une chambre après avoir vu leur père se faire abattre ?
Si l’on en croit les témoignages accablants des deux enfants, les agissements des policiers sont contraires à la loi et seraient une manifestation supplémentaire du sentiment d’impunité de toute puissancequi peut régner chez certains policiers lors de leur interventions.
Cette affaire nous semble également devoir interroger les préjugés qui peuvent d’autant plus régner qu’ils ne sont pas interrogés par l’institution policière.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « il serait bon que les policiers ne confondent pas un père de famille chinois en train de faire la cuisine avec un yakuza japonais armé et en train de les agresser. Il n’est jamais sans conséquence de confondre la réalité et les films de série Z. »