Il y a quelques jours, l’annonce du meurtre de Lola, une jeune collégienne de 12 ans, a entraîné une vague d’horreur. Parce qu’il s’agit d’une enfant, parce que le meurtre est particulièrement sordide et parce que, intervenu en pleine journée et en plein cœur de Paris, il suscite une peur immense pour les parents et les enfants du voisinage et bien au-delà.
De ce crime qui a détruit en quelques secondes la vie de ses parents et de ses proches, de ce crime qui a traumatisé la communauté éducative – enseignants, personnels de direction et évidemment camarades de classe – qu’elle fréquentait à quelques pas de chez elle, de ce crime qui demandait la compassion pour les parents de Lola, l’extrême-droite en a tiré une source de polémique sordide.
Les réseaux zemmouristes ont crié au « francocide », concept fumeux masquant mal le racisme obsessionnel de cette famille politique. Inventer un mobile raciste à un crime qui n’en a pas leur permet de mieux stigmatiser toute une population, en employant une logique de généralisation, ici « les Algériens », et plus généralement « les immigrés ». Le RN, complaisamment présenté comme une famille politique « normalisée », a évidemment immédiatement réactivé ses diatribes contre l’immigration illégale sur la base de la situation administrative de la meurtrière. Une partie de la droite, et notamment les proches d’Eric Ciotti, mais également au-delà, s’est inscrite dans la même dynamique. A l’Assemblée nationale, ce sont ainsi des députés de l’extrême-droite et de la droite qui, de concert, ont cherché à faire de ce drame la démonstration de la prétendue dangerosité des immigrés, et notamment des immigrés en situation irrégulière, dans la plus pure tradition de ce qui, naguère, était encore clairement identifié comme du racisme.
La mise au point d’Eric Dupont-Moretti lors des questions au gouvernement a été louable. Cependant, comment ne pas penser, face au déchaînement raciste de ces derniers jours, à la petite musique jouée depuis des mois par Gérald Darmanin, apprenti-sorcier qui a, à plusieurs reprises, légitimé l’idée d’un lien entre immigration et délinquance ?
Aujourd’hui, nous apprenons que les parents de Lola, qui ont dû se réfugier loin de Paris pour fuir l’agitation autour du meurtre de leur fille, ont fait savoir qu’ils refusaient toute récupération politique.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « après ces quelques jours où la surenchère raciste s’est déchaînée sur les réseaux sociaux – dont on ne doute pas qu’ils aient été habilement orientés – et jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale, espérons que cet appel des parents de Lola soit entendu par tous les indécents qui voient dans le meurtre d’une jeune fille non pas un drame appelant la compassion mais une opportunité au déploiement de leurs haines recuites et de leurs diatribes opportunistes ».
En ces instants très difficiles, SOS Racisme est présent en pensées auprès de la famille et des proches de Lola, comme l’est l’immense majorité des Françaises et Français.