Le vice-président du Conseil départemental de Mayotte, Salime Mdéré, a comparu devant le tribunal correctionnel pour provocation à la haine raciale et provocation d’atteinte volontaire à la vie

Le 1er février 2024, Salime Mdéré, premier vice-président du Conseil départemental de Mayotte, a comparu devant le Tribunal correctionnel de Saint-Denis-de-la-Réunion pour provocation à la haine ou à la violence raciale et provocation d’atteinte volontaire à la vie.

Le 24 avril 2023, au début de l’opération Wuambushu menée par le ministère de l’Intérieur pour détruire une partie des bidonvilles de l’île et expulser du territoire mahorais des étrangers en situation irrégulière, le prévenu était l’invité du journal télévisé de 19 heures de la chaîne publique Mayotte la 1ère.

Évoquant des groupes de jeunes vivant dans des bidonvilles visés par cette opération, M. Mdéré n’a pas hésité à utiliser des qualificatifs très graves, exhortant, dans le même temps, à les tuer. Il s’est ainsi exprimé :
« Les gamins qu’on voit de loin, enfin c’est même pas des gamins, moi je refuse d’ailleurs qu’on emploie ces termes-là, « jeunes » ou « gamins », ces délinquants, ces voyous, ces terroristes, il faut, à un moment donné, il faut peut-être en tuer. Je pèse mes mots. Il faut peut-être en tuer pour que… »

Ces propos extrêmement choquants ont fait l’objet d’un dépôt de plainte auprès du Procureur de la République de Mamoudzou par notre association.

SOS Racisme, partie civile dans ce dossier, déplore que de tels propos puissent être prononcés aujourd’hui à une heure de grande écoute sur une chaîne de télévision publique par un responsable politique dans l’exercice de sa fonction. L’association se félicite des réquisitions d’une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Le délibéré sera rendu le 7 mars 2024.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « les propos de Salime Mdéré sont d’une particulière gravité par leur virulence et d’une totale irresponsabilité quand on sait dans quel contexte inflammable ils ont été prononcés. Ce comportement est indigne d’un représentant de la République. Nous espérons que le tribunal se rangera à l’avis du Parquet qui, à l’audience, a demandé que Salime Mdéré soit reconnu coupable de provocation à la haine raciale et de provocation d’atteinte volontaire à la vie. Nous espérons tout particulièrement que Salime Mdéré sera déclaré inéligible, comme le demande le Parquet. Cela permettrait d’envoyer un message de fermeté à des élus qui, ces dernières années à Mayotte, se sont régulièrement affranchis des règles de la civilité républicaine à travers des diatribes anti-comoriennes. »

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