Le 4 février 1794 : premier décret d’abolition de l’esclavage

Le 29 août 1793, à l’initiative de Léger-Félicité Sonthonax, un décret proclame l’abolition locale de l’esclavage à Saint Domingue. En effet, suite aux révoltes dans les colonies, et notamment à Saint-Domingue, où elles se font très violentes, Sonthonax, commissaire civil de la République y promulgue ce décret.

Suite à cela, la Convention nationale proclame l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies françaises, le 4 février 1794.

A cette date, la France a encore en sa possession la Guyane, l’Ile Bourbon (La Réunion), la Guadeloupe, l’Ile de France (Ile Maurice), Saint Domingue, mais également les comptoirs indiens et sénégalais. Mais l’opposition des colons se fait vive et l’abolition sera inégalement appliquée car seront écartées du décret la Réunion et l’Ile Maurice.

Le texte du décret est court et le détail de son application est renvoyé au Comité de Salut Public qui doit lui présenter un rapport sur les mesures nécessaires : « La Convention déclare que l’esclavage des Nègres dans toutes les colonies est aboli, en conséquence elle décrète que tous les hommes sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution. »

L’abolition est décidée sans contrepartie financière aux propriétaires. Mais le flou demeure quant aux modalités d’application du décret. Rien n’est spécifié sur l’immédiateté d’application. Se fait-elle selon les mêmes conditions mises en place par Sonthonax à Saint-Domingue ? Qu’en est-il des comptoirs sénégalais ?

Les débats à la Convention sont illustrés dans les articles de presse. Le procès verbal de la séance est finalement attaqué et modifié dès le 17 février par les oppositions à l’abolition de l’esclavage. Le décret prend valeur de loi générale.

Pour autant, la France n’en a pas fini avec l’esclavage car, en 1802, l’esclavage sera rétabli par Napoléon Bonaparte.

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