Lors de l’interview donnée ce matin sur France Inter au micro de Léa Salamé, Marine Le Pen, après avoir égrené ses obsessions d’extrême-droite, est intervenue sur la polémique entourant l’éventuelle présence d’Aya Nakamura à la cérémonie d’ouverture des JO. Sans réaction particulière des journalistes, elle a pu associer la présence de cette artiste à une humiliation pour la France découlant d’une provocation du président de la République. Pour asseoir son avis, Marine Le Pen a notamment exposé qu’Aya Nakamura – artiste francophone la plus reconnue sur le plan international – ne chantait pas en français.
Cette sortie est une nouvelle étape dans l’exploitation d’une polémique raciste qui, elle, humilie bien la France sur le plan international. En effet, alors que notre pays s’apprête à accueillir le monde entier aux JO, l’extrême-droite zemmouriste et lepéniste nous identifie comme un pays incapable de supporter qu’une artiste noire puisse le représenter. Attestée par une banderole la renvoyant au « marché de Bamako », par l’identité des acteurs et par de nombreux messages en ligne, la nature raciste des attaques à l’endroit d’Aya Nakamura ne fait d’ailleurs aucun doute dans la presse internationale.
La sortie de Marine Le Pen doit cependant être vue comme un élément de clarification: héritière d’un parti fondé par des individus qui parlaient davantage la langue du IIIème Reich que celle de la France libre entre 1940 et 1945, Marine Le Pen identifie la représentation de la France par une artiste noire à une humiliation. Après des années de complaisance médiatique, intellectuelle et politique à l’endroit d’une prétendue mutation du RN, peut-être cette polémique attisée par Marine Le Pen ce matin permettra-t-elle que l’extrême-droite soit à nouveau identifiée pour ce qu’elle est: le camp de la violence raciste.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « les nombreux messages d’indignation qui se sont multipliés ces derniers jours face à la polémique immonde qui frappe Aya Nakamura doivent s’amplifier. SOS Racisme a certes saisi la justice afin qu’elle poursuive les attaques racistes contre une artiste dont l’extrême-droite veut faire un épouvantail au service de son projet raciste. Mais la question du vivre ensemble ne se règle pas, loin s’en faut, que devant des tribunaux. Elle se règle également par une mobilisation chaleureuse et déterminée de la société. »