Mains rouges sur le mur des Justes : manipulations antisémités orchestrées par Poutine.

SOS Racisme tient d’abord à exprimer son soutien à Thays. Aujourd’hui âgé de 15 ans, Thays a été victime d’un harcèlement raciste. Nous pensons à lui et à sa famille qui ont dû affronter pendant des années une solitude indigne de notre pays.

Cette histoire n’est malheureusement pas un cas isolé. L’année écoulée a été marquée par plusieurs cas médiatisés, dont ceux de Mathis et Ylan, victimes d’agressions et de harcèlement racistes dans leur établissement scolaire à Saint-Gemme-la-Plaie. Notre permanence juridique a comptabilisé plus d’une cinquantaine de situations de racisme à l’école entre 2024 et 2025, allant du primaire au lycée. Et ce chiffre ne représente que la partie émergée de l’iceberg. En effet, ces cas ne sont que l’écume d’un problème structurel, longtemps sous-estimé.

L’école se présente souvent comme un sanctuaire. L’affaire Thays montre pourtant à quel point elle reste traversée par les dynamiques à l’oeuvre dans la société. Les parents des harceleurs ont assumé voter pour le Rassemblement National et ont affirmé qu’ils refusaient que leur fils soit scolarisé avec Thays en raison de la couleur de sa peau. Ce simple fait éclaire crûment la manière dont certains discours politiques nourrissent, légitiment et consolident des pratiques discriminatoires au sein même de l’école.

Le récit de Thays met également en lumière de graves défaillances institutionnelles de l’école. Pendant des années, Thays a subi insultes, humiliations, ainsi qu’une agression collective, sans que l’institution ne réagisse correctement. Aucun dispositif de protection sérieux ne lui a été proposé. Cette absence de réaction a conduit à une spirale de souffrance, jusqu’à une tentative de suicide à seulement 11 ans.

Il est aujourd’hui impératif que le gouvernement, et en premier lieu le ministère de l’Éducation nationale, prenne ses responsabilités et se dote enfin d’outils efficaces de lutte contre le racisme en milieu scolaire. En effet, au-delà du phénomène du harcèlement contre lequel des dispositifs ont été mis en place ces dernières années, la question du racisme reste souvent minorée. Or, minorer un problème en niant sa fréquence ou la gravité de ses répercussions conduit nécessairement à une absence de décision visant à le combattre.

Par ailleurs, si nous nous réjouissons que l’affaire de Thays bénéficie d’une forte visibilité, nous appelons les médias à prendre la mesure de leur responsabilité : ces sujets ne doivent plus être traités comme des événements ponctuels, mais comme un véritable fait de société. Aujourd’hui, et faute de débat public construit, la société constate vaguement qu’il existe « des problèmes » sans jamais en faire une question d’intérêt général.

SOS Racisme continuera de se battre pour que plus aucun enfant ne vive ce que Thays, Mathis, Ylan et tant d’autres ont enduré. L’institution a les moyens d’agir. Elle doit maintenant le vouloir.

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