Explosion des actes antimusulmans et des actes antisémites qui restent à un niveau historique : quand la haine se banalise !

En 2025, 2489 actes antireligieux ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. Derrière ce bilan qui montre que ce nombre d’actes se maintient à un niveau historiquement élevé, il y a la réalité des personnes, des groupes et des lieux communautaires visés.

La hausse spectaculaire des actes islamophobes constitue l’un des signaux les plus alarmants de ce rapport. En 2025, les actes antimusulmans ont augmenté de 88 %, pour atteindre 326 faits enregistrés. L’année 2025 a par ailleurs été marquée par des meurtres racistes : Aboubakar Cissé a ainsi été assassiné dans la mosquée de La Grand-Combe tandis qu’Hichem Moraoui, frappé par une haine des Arabes, des immigrés et des musulmans, a été abattu à Puget-sur-Argens par un admirateur du RN.

Si les actes antisémites enregistrent une baisse relative de 16 % pour s’établir à 1320 faits, leur nombre se maintient à un niveau historiquement élevé et représentent toujours plus de la moitié des actes antireligieux (53 %). A l’image des actes qui frappent les musulmans, l’essentiel des actes antisémites sont des atteintes aux personnes, telles que des agressions physiques.

Ces données ne peuvent être dissociées du contexte politique et médiatique actuel. Elles sont le symptôme d’un climat national dans lequel les discours de haine, de stigmatisation et de désignation de boucs émissaires se banalisent. À force d’attiser les peurs et d’alimenter les haines dans l’espace public, certains responsables politiques et médiatiques contribuent directement à créer les conditions du passage à l’acte.

Face à la haine, les luttes doivent être menées de front, à rebours de la logique à l’œuvre dans une partie des champs médiatique et politique : celle de la mise en opposition et en concurrence des luttes contre le racisme, l’antisémitisme ou l’islamophobie.

La lutte contre les haines ne peut être un vaste marché où tel ou tel démagogue irait faire ses courses à la recherche effrénée de postures affectées, de clientèles électorales ou de boucs émissaires.

La progression de la haine n’est pas une fatalité. Elle est le symptôme de renoncements et de stratégies hasardeuses.

SOS Racisme appelle les pouvoirs publics et les responsables politiques à prendre et à respecter des engagements clairs, immédiats et cohérents pour combattre les discours et les actes racistes, antisémites et islamophobes ainsi que toutes les formes de discriminations. C’est à ce prix que la haine pourra être reléguée et que les principes d’égalité et de fraternité, si essentiels à l’effectivité de la promesse républicaine, pourront se déployer.

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