Évacuation violente en marge d’un rassemblement en solidarité aux réfugiés

Hier en fin d’après-midi, sur la place de la République, plusieurs associations, en lien avec des réfugiés, avaient organisé la mise en place d’un campement de ces derniers, essentiellement afghans. Le but était de sensibiliser l’opinion publique à la problématique de ces réfugiés que les pouvoirs publics – eux aussi interpellés – déplacent régulièrement en démantelant des camps sans penser à des solutions d’hébergement dignes et durables, pas plus qu’en comptant opérer des études de leur dossier réalisées dans l’esprit de les stabiliser dans des lieux et dans leurs droits.

Dernier exemple en date : le démantélement d’un camp à Saint-Denis. Qui lui-même était en partie la conséquence des démantélements opérés Porte de la Chapelle et dans trop d’autres endroits.

Les réfugiés ne sont pas des sacs ou des objets que l’on pousse de lieu en lieu. Ce sont des êtres humains qui ont droit au respect et à la dignité.

Et pourtant, sur la place de la République, c’est la violence qui s’est abattue sur ces réfugiés, sur les militants associatifs – dont des militants de SOS Racisme Paris – et sur des journalistes.

Les images sont tellement choquantes que même le ministre de l’Intérieur a dû publiquement s’en émouvoir.

Mais ces images sont la conséquence des discours publics de « fermeté » que l’on concède aux extrêmes mais également des dispositions législatives que l’on voit se mettre en oeuvre ces derniers jours. Ainsi, cela fait plusieurs jours que les journalistes et les organisations de défense des droits de l’Homme – dont SOS Racisme – alertent sur le projet de loi « Sécurité globale », dont l’article 24, qui interdit dans des conditions floues, la diffusion d’images de membres des forces de l’ordre, met en danger le droit d’informer et la vigilance citoyenne face aux violences policières mais envoie également aux forces de l’ordre un sentiment d’impunité. La violence qui s’est exercée hier soir sur plusieurs journalistes est à cet égard la preuve que nos craintes se réalisent avant même que la loi ne soit définitivement adoptée.

SOS Racisme réitère son appel au gouvernement à adopter une politique de traitement des réfugiés qui soient conformes aux valeurs d’Humanité dont se réclame notre pays et réitère son opposition aux dispositions du projet de loi « Sécurité globale » qui portent atteinte aux libertés publiques. 

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