C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance des propos de Gérald Darmanin tenus ce jour à l’Assemblée nationale. S’exprimant devant des journalistes, le ministre de la Justice a exprimé être favorable à une remise en cause du droit du sol.
SOS Racisme déplore les propos de celui qui, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, a fait subir au pays un débat délétère pendant de longs mois à travers un projet de loi immigration validant l’imaginaire de l’extrême-droite, puisque ce projet était fondé sur l’existence d’un lien entre immigration et délinquance. Résultat : quelques mois après l’adoption de cette loi, le Rassemblement national réalisait des scores historiques, au point de manquer de peu de s’emparer du pouvoir.
La remise en cause du droit du sol s’inscrit dans cette même stratégie consistant à chercher à plaire à un électorat sensible à la rhétorique anti-immigrée. Au-delà de cette stratégie électorale digne d’un apprenti sorcier, il est utile de rappeler que le droit du sol fait partie de la tradition républicaine. Il se justifie, notamment sous sa forme actuelle introduite en 1889, par le fait que la France estime qu’on ne fait pas de différence entre les enfants nés et élevés dans notre pays, quelle que soit la nationalité de leurs parents.
L’argument selon lequel ce droit du sol ne serait plus adapté est l’argument utilisé à toute époque pour attaquer ce principe républicain et mettre en péril l’avenir, ici, d’enfants nés ici. SOS Racisme demande au Premier ministre de fermer sans délai la séquence dans laquelle Gérald Darmanin essaie d’entraîner le pays.