Dans un entretien paru ce jour dans le journal Le Figaro, sous un titre volontairement martial (« Une lutte plus intraitable que jamais contre les délinquants étrangers »), le Ministre de l’intérieur admet avoir, à la demande d’Elisabeth Borne, reporté l’examen de son projet de loi récemment annoncé visant à faciliter l’expulsion des « délinquants étrangers ».
SOS Racisme et son président, Dominique Sopo, avaient vivement réagi à ces annonces de Gérald Darmanin qui apparaissaient, sur le fond comme sur la forme, comme une dangereuse concession à l’extrême-droite.
SOS Racisme se félicite de cette intervention et de ce premier recadrage de la part de la Première ministre, dans un débat présenté en des termes particulièrement brutaux et nauséabonds par le locataire de la Place Beauvau.
Particulièrement inquiets de la multiplication récente des clins d’œil ou appels du pied à une extrême-droite en quête de respectabilité, il est impératif que le camp présidentiel se garde de toute concession à une très xénophobe logique de bouc émissaire qui suscitait naguère d’importantes levées de boucliers dans l’opinion et rendait infréquentable le Front national dans de larges fractions de la classe politique française.
SOS Racisme demeurera très attentif à de futurs glissements s’ils venaient à se répéter de même qu’à la teneur et aux modalités du « grand débat » annoncé en lieu et place du projet de loi voulu par Gérald Darmanin.
Et ce d’autant que monsieur Darmanin, comme il l’annonce dans son interview, reste attaché à la philosophie répressive de son projet de loi et aux propositions déjà élaborées – qui sont pour l’essentiel des emprunts à l’extrême-droite – et dont il promet qu’elles seront la base des discussions du « grand débat » annoncé.
Nous espérons que cette présentation du débat – qui n’en serait pas un puisque déjà ficelé – relève de la seule vision de monsieur Darmanin et non de celle du gouvernement. Car, aussi bien sur le fond que sur la forme, une telle vision du débat ferait d’emblée de ce dernier une mise en scène consistant à faciliter la mise en œuvre d’une politique brutale envers les immigrés.