Aujourd’hui, Elisabeth Borne, notre nouvelle première ministre, a effectué un déplacement aux Mureaux dans les Yvelines.
Elle y a notamment parlé de l’émancipation des femmes et a déclaré qu’elle ne pouvait « accepter qu’un jeune reste sur le bord de la route parce qu’il n’a pas la bonne adresse, les bons codes, les bons réseaux ».
Tenues par la seconde première ministre de notre Histoire, ces paroles sont en soi bienvenues car il s’agit de parler du sort des femmes, trop souvent empêchées dans leurs carrières professionnelles. Il s’agit également de parler plus généralement des habitants des quartiers populaires qui resteraient « sur le bord de la route ».
Mais cette énumération de facteurs d’empêchement interroge. En effet, est ici oubliée une réalité qui frappe une grande partie des habitants des quartiers populaires : les discriminations raciales, qui expliquent bien plus les difficultés d’emploi, de logement ou d’accès à telle ou telle opportunité que des « adresses », des « codes » et des « réseaux ». Si ces 3 dimensions sont plus ou moins signifiantes (notamment la question des « réseaux »), elles le sont sur le plan des différences de traitement liées à l’origine sociale.
Mais la question de la couleur de peau, de la consonance du prénom, de l’origine réelle ou supposée – bref, la question du racisme – n’est pas absorbée par la dimension de l’origine sociale. Elle s’y ajoute.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « La question des discriminations raciales a été cruellement absente du débat public ces dernières années, et encore plus des politiques publiques menées sur le dernier quinquennat. Après des années de banalisation de la parole raciste qui a culminé pendant la dernière campagne présidentielle, espérons qu’Elisabeth Borne n’occultera pas la réalité des discriminations raciales dans les semaines à venir. Quoi qu’il en soit, à SOS Racisme, nous nous emploierons à la lui rappeler ! »