Aujourd’hui, la 17ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris a condamné deux supporters italiens de la Juventus de Turin pour injure publique à caractère racial et apologie de crime contre l’Humanité. Lors du match de la Ligue des Champions du 6 septembre 2022 opposant l’équipe italienne au Paris Saint Germain au Parc des Princes, un supporter italien avait imité un singe face à un supporter noir et un autre supporter italien avait quant à lui effectué un salut nazi.
Ces deux individus avaient été interpellés à l’issue du match et SOS Racisme avait porté plainte contre ces gestes racistes, injurieux et dégradants dès le lendemain.
Aujourd’hui, les deux supporters ont été respectivement condamnés à des amendes de 1.500 euros d’amende avec sursis et de 4 000 euros avec sursis ainsi qu’à des peines d’interdiction de stade.
SOS Racisme ainsi que l’association Sportitude, parties civiles lors de cette procédure judiciaire, déplorent que ce type d’actes se répètent dans les enceintes sportives dédiées au football. C’est pourquoi, face à ces actes qui sont malheureusement loin d’être des actes isolés, les deux condamnations prononcées ce jour sont bienvenues. Cependant, l’absence de l’UEFA sur le banc des parties civiles interroge quant à la détermination des instances du football de prendre leurs responsabilités face à l’expression du racisme au sein même des compétitions dont elles ont la charge. En effet, le match PSG – Juventus de Turin était un match de la Ligue des champions, organisée par l’UEFA.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « il est déplorable que des individus se cachent derrière une activité de « supporters » pour venir déverser leur haine raciste et antisémite. Il serait cependant temps que les instances du football – ici l’UEFA – prennent leurs responsabilités. Il serait également temps que la Juventus de Turin cesse la complaisance qu’elle entretient à l’égard de l’extrême-droite fasciste au sein de son public de supporters. Si le club échappe à une condamnation, sa responsabilité morale est clairement en question, tant il s’est abstenu à notre connaissance de toute action sérieuse pour que soient mis à l’écart de tels individus. »
Pour Hermann Ebongue, président de Sportitude, « Sportitude se félicite de cette condamnation qui est un signal fort envoyé au monde du football : les actes racistes dans les stades ne restent pas impunis. C’est aussi l’occasion de rappeler l’importance de la mobilisation militante dans la lutte contre le racisme dans le sport, puisque les poursuites ont été intentées sur la base d’une plainte de deux associations. »