L’ARCOM a prononcé une amende de 100 000 euros à l’encontre de CNews pour la diffusion de propos jugés discriminatoires envers des personnes algériennes et palestiniennes. Cette décision découle notamment de la saisine déposée par SOS Racisme le 8 août 2025, à la suite des déclarations tenues en direct par Noëlle Lenoir dans l’émission « L’Heure des Pros 2 Été ».
À cette occasion, madame Lenoir, en déshonneur de ses anciennes fonctions de ministre et de membre du Conseil constitutionnel, avait notamment affirmé que « des millions d’Algériens peuvent sortir un couteau dans le métro, dans une gare, dans la rue, n’importe où, ou prendre une voiture et rentrer dans une foule » et qu’ils n’avaient « rien à faire chez nous ». Suite à cette injure publique à caractère raciste. SOS Racisme avait immédiatement déposé plainte et saisi l’ARCOM afin que soient rappelées les obligations légales et conventionnelles de la chaîne.
Cette sanction intervient dans un contexte de multiplication des manquements sur cette antenne. Depuis juillet 2025, SOS Racisme a saisi à six reprises l’ARCOM au sujet de propos diffusés sur CNews, stigmatisant des personnes étrangères, musulmanes, palestiniennes ou perçues comme telles, mais aussi des personnes visées par des obligations de quitter le territoire français (OQTF), régulièrement assimilées à une figure globale de dangerosité et d’« ennemi intérieur ». Ces signalements ont porté sur des propos tenus par différents intervenants, parmi lesquels Arno Klarsfeld, Aurélien Bernheim, Erik Tegnér ou encore Pascal Praud.
Le 9 février 2026 encore, sur le même plateau, Karine Le Marchand a tenu des propos relatifs à des personnes noires ou arabes présentées comme des sources de peur. Cet enchaînement de séquences problématiques montre suffisamment qu’il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’une volonté tout à fait consciente, souhaitée et structurée de banaliser le racisme et la xénophobie.
Les éditeurs de services audiovisuels sont soumis à une obligation de maîtrise de l’antenne et de prévention des propos incitant à la haine ou à la discrimination. La liberté d’expression, principe fondamental en démocratie, ne saurait couvrir l’essentialisation d’un groupe sur le fondement de son origine nationale ni l’assimilation d’une population entière à une menace collective.
La décision de l’ARCOM constitue un signal positif car elle rappelle que les propos stigmatisants entraînent des sanctions. Toutefois, au regard de la répétition quasi quotidienne des manquements de cette chaîne, cette sanction ne saurait suffire à elle seule. C’est pourquoi nous appelons l’ARCOM à prendre en considération la violation constante de la convention que cette chaîne a signée avec elle et d’utiliser toutes les sanctions à sa disposition pour mettre un terme à cette situation que des amendes ponctuelles ne modifieront en rien.
SOS Racisme poursuivra son action devant les juridictions pénales et les autorités de régulation afin que l’espace audiovisuel ne devienne pas un lieu de banalisation du racisme, au mépris des principes de dignité et d’égalité qui fondent l’État de droit.