Dans la nuit de vendredi à samedi, la ville de Lyon a été le théâtre d’une grave agression raciste. En effet, alors qu’ils étaient entrés dans un bar de la Croix-Rousse afin d’y demander un renseignement, la chorégraphe et chanteuse Dorothée Munyaneza, le musicien Ben LaMar Gay et le poète Julian Knxx ont été verbalement agressés par des clients en des termes on ne peut plus clairs : « Nous, on aime Trump ! (…) Sales nègres, rentrez chez vous ! ».
Malgré leur départ de l’établissement, les 3 artistes présents dans la ville dans le cadre de la Biennale de Lyon sont poursuivis et frappés dans la rue. SOS Racisme tient à dénoncer cette agression qui renvoie, par les mots et par les gestes, au racisme le plus crasse.
L’association attend de la justice qu’elle rappelle à ces agresseurs que l’expression du racisme constitue un délit et, en l’espèce, une circonstance aggravante de l’agression commise à l’endroit de trois personnes qui avaient le « tort » d’être noires.
SOS Racisme apporte tout son soutien aux 3 artistes victimes de la haine antinoire. Mais l’agression subie doit être replacée dans le contexte au sein duquel elle s’inscrit.
Tout d’abord, cela fait de trop nombreuses années que des groupes d’extrême droite ont fait de Lyon leur terrain de jeu, semant régulièrement la terreur dans le Vieux Lyon ou poursuivant une activité soutenue d’inscriptions racistes, antisémites et fascistes sur les murs de la Ville.
En outre, cette agression s’inscrit également dans un contexte de banalisation de la parole raciste dans l’espace public. La référence à Trump, puissant acteur de cette banalisation Outre-Atlantique, est d’ailleurs parlante.
C’est pourquoi, au-delà du nécessaire procès qui aura lieu contre les agresseurs et de la légitime expression de notre indignation, il faut davantage. En effet, il s’agit également pour chacune et chacun, à Lyon ou ailleurs, de se mettre en mouvement à titre individuel ou à titre collectif afin de combattre chaque jour les progrès des idéologies racistes qui sont déjà suffisamment avancés pour que notre pays vive – depuis plusieurs mois et dans une inquiétante indifférence – le retour des crimes racistes.