La semaine dernière, Dominique Sopo, président de SOS Racisme publiait une tribune suite à l’interpellation par Jean-Luc Mélenchon de la « diaspora » (comprendre: les Français juifs). Il y analysait la stratégie suivie par le fondateur de LFI, consistant à « en remontrer aux Juifs ». Ces dernières heures, LFI est sous les feux des projecteurs avec la publication d’une affiche représentant Hanouna et adoptant une iconographie proche de celle des affiches antisémites des années 30 et 40.
Devant l’émoi suscité par cette publication, LFl a retiré cette affiche. Le problème n’est pas de savoir si LFI a intentionnellement produit une affiche jouant sur des codes antisémites. Même si ce n’était pas le cas, cela poserait tout de même le problème de l’inculture politique de celles et ceux devant les yeux desquels cette affiche est passée sans qu’ils ne trouvent rien à y redire. Le problème vient d’ailleurs et très précisément du fait que nulle excuse n’est venue. Nulle expression du regret d’avoir pu heurter la sensibilité des personnes juives qui y ont vu un douloureux rappel du passé.
Car le sujet n’est pas tant Cyril Hanouna – devient progressivement un troll télévisuel au service de l’extrême-droite – que l’écho que son visage caricaturé produit à l’endroit des Juifs. Poursuivant cette séquence ce matin, Jean-Luc Mélenchon a, de fait, défendu l’affiche, en affirmant qu’il y en a qui sont mille fois pire dans le journal Charlie [Hebdo] ».
Au-delà du fait que Charlie Hebdo est un journal satirique qui use donc du recours à la caricature et que LFl est un parti politique, nous nous retrouvons une nouvelle fois dans une situation où Jean-Luc Mélenchon a manifestement mis un point d’honneur à n’exprimer aucune parole d’empathie à l’égard des Juifs.