Les révélations par Médiapart des propos tenus par Jordan Bardella dans sa jeunesse ont conduit ce dernier à ouvrir des habituels contre-feux : le président du RN a crié au mensonge et à la manipulation, indiquant sa volonté de poursuivre Médiapart en diffamation.
Ce jour, Médiapart a publié des preuves irréfutables des saillies antisémites de Jordan Bardella. Celui que Marine Le Pen présentait comme son futur Premier ministre en cas de victoire à l’élection présidentielle est donc un antisémite et un menteur.
Au-delà, l’antisémitisme de Jordan Bardella n’est une surprise que chez celles et ceux qui avaient envie de se laisser illusionner par l’opération de respectabilité du parti d’extrême droite dont les racines plongent dans la noirceur de la Collaboration, du pétainisme et de la haine des Juifs et des étrangers.
Marine Le Pen débranchera sans doute Jordan Bardella. Mais le fait qu’elle l’ait placé à la tête du RN et qu’un tel personnage ait pu être présenté comme un potentiel chef de gouvernement en disent long sur le rapport de Marine Le Pen à un antisémitisme qu’elle a sans cesse toléré dans son entourage le plus proche. Amie de Frédéric Chatillon, ayant nommé Jean-François Jalkh à la présidence par intérim du parti dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2017, cheffe effective d’une famille politique au sein de laquelle pullule des candidats et des élus convaincus d’antisémitisme et de négationnisme, Madame Le Pen a bénéficié d’une tolérance médiatique pendant de trop nombreuses années avec le résultat que l’on voit sous nos yeux : le risque que l’extrême droite qu’elle incarne puisse s’emparer du pouvoir.
Dans l’affaire Bardella, la responsabilité de Madame Le Pen est directement engagée. Ne pas le voir et ne ps le dire, c’est prolonger une très volontaire cécité sur la nature d’un parti dédié à la promotion du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie.