Le 18 avril dernier à Nice, deux hommes alcoolisés ont été filmés en train de passer à tabac un jeune homme avant de lui dérober ses effets personnels. Pendant qu’elle se faisait rouer de coups, la victime a crié à un passant d’appeler la police, ce à quoi les assaillants ont répondu “C’est nous la police, fils de pute !”.
Car les agresseurs étaient en effet deux CRS ! Pour expliquer a posteriori leur geste, ils prétendent que le jeune homme les a insultés et qu’ils lui ont demandé ses papiers qu’il n’aurait pas montrés.
Cette agression perpétrée par des policiers est inacceptable. Que se serait-il passé si une vidéo amateure n’avait pas permis d’établir l’évidente responsabilité de ces membres des forces de l’ordre ?
La question est d’autant plus importante que ce cas s’inscrit dans une série de violences qui illustrent un phénomène systémique au sein de l’institution policière : un racisme décomplexé associé à une grande violence.
A Nice ou ailleurs, ce sont en effet souvent des jeunes hommes noirs et arabes qui sont agressés par des policiers, notamment lorsqu’ils sont identifiés comme venant de quartiers populaires. Ces dernières semaines, plusieurs cas ont d’ailleurs défrayé la chronique, à l’exemple des faits qui se sont déroulés à Noisiel ou à Toulouse à l’endroit de jeunes auxquels aucun acte de délinquance ne pouvait être reproché.
Dans le cas de Nice, les deux policiers ont été placés en garde-à-vue pour “violences aggravées et vol aggravé” et seront bientôt jugés. Nous apportons tout notre soutien à la victime et demandons l’ajout du caractère raciste de l’agression afin que cette dimension soit discutée au tribunal et ne soit pas, comme trop souvent, occultée.
Pour le reste, le ciblage de territoires et de populations par l’institution policière doit sortir du déni dont il est l’objet et être identifié comme une pratique incompatible avec une République qui proclame l’égalité et a la charge de faire respecter l’Etat de droit.